Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu, mardi 6 octobre, sa réunion annuelle sur la coopération avec l’Union africaine. Les deux organisations veulent transformer leurs cadres communs en actions plus rapides sur le terrain, de la Somalie à la RDC.
À New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu, mardi 6 octobre 2026 sa réunion annuelle sur la coopération entre les Nations unies et l’Union africaine (UA) en matière de paix et de sécurité. La séance était présidée par l’ambassadrice Aglaia Balta, représentante permanente de la Grèce et présidente du Conseil pour le mois d’octobre.
Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU auprès de l’UA, Parfait Onanga-Anyanga, et le commissaire de l’UA aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, ont défendu devant le Conseil l’approche d’un front commun face aux crises. Pour les deux responsables, l’efficacité du partenariat entre les deux organisations doit désormais être mesurée à son impact sur les populations confrontées aux conflits et à l’insécurité.
Onanga-Anyanga a présenté le rapport annuel du Secrétaire général sur le renforcement du partenariat ONU-UA, daté du 17 août 2026. Il a rendu hommage au président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, et à Bankole Adeoye pour leur engagement dans ce qu’il a qualifié de « partenariat modèle ». Il a estimé que la multiplication et la complexité des crises imposent « un partenariat plus fort », capable d’anticiper les conflits, de s’attaquer à leurs causes et de traduire les engagements communs en actions « rapides, prévisibles et responsables ».
Cette réunion fait suite à une rencontre tenue en marge de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale, en septembre, coprésidée par le Secrétaire général Antonio Guterres et Mahmoud Ali Youssouf. Les deux hommes y avaient abordé la situation en RDC, en Libye, au Sahel, ainsi que les conséquences des tensions sur les points de passage maritimes stratégiques pour les économies africaines et la sécurité alimentaire.
La Somalie constitue l’un des principaux terrains de cette coopération. La Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM) assure des responsabilités sécuritaires, avec l’appui du Bureau de soutien de l’ONU en Somalie (UNSOS), qui fournit des moyens logistiques, médicaux et aériens. Les deux organisations accompagnent le transfert progressif des responsabilités sécuritaires aux autorités somaliennes, un enjeu majeur alors que le soutien des Nations unies doit prendre fin après 2026.
L’ONU et l’UA souhaitent également renforcer la Force africaine en attente et avancer dans la mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité, adoptée en 2023, qui établit un cadre pour le financement des opérations de soutien à la paix conduites par l’UA et autorisées par l’ONU. Un exercice conjoint de simulation est prévu pour tester les modalités d’une future opération dirigée par l’UA. « Le cadre est prêt à être utilisé », a déclaré Bankole Adeoye, appelant le Conseil à examiner les conditions d’une première application de la résolution.
Au Soudan, l’ONU et l’UA poursuivent leurs efforts en faveur d’un règlement politique, tandis qu’en RDC, les initiatives de Washington, de Doha et de l’UA sont présentées comme largement alignées, avec un suivi du cessez-le-feu assuré notamment par la MONUSCO. Dans la Corne de l’Afrique et au Soudan du Sud, les deux organisations renforcent leurs efforts de diplomatie préventive. Cette coopération englobe aussi la participation des femmes et des jeunes aux processus de paix, dans le cadre de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité.
Le 11e séminaire conjoint informel et la 20e réunion consultative annuelle entre les deux Conseils de sécurité et de paix sont prévus les 22 et 23 octobre à New York, avec pour objectif de renforcer l’alignement et l’action commune face aux crises africaines.
Prudence AGBALETI