Une information judiciaire a été ouverte en Côte d’Ivoire après une soixantaine de plaintes liées à des projets immobiliers. Le dossier vise Rita Djédjé Grahon, sa société et plusieurs personnalités connues du public ivoirien.
La justice ivoirienne a ouvert une information judiciaire dans une affaire présumée d’escroquerie liée à des projets immobiliers. Le parquet national financier a annoncé cette procédure mercredi 7 octobre 2026 à Abidjan.
L’affaire concerne principalement Rita Bénédicte Djédjé Grahon et la société Ivoire Challenge Corporation SARL. Une soixantaine de personnes ont déposé plainte auprès de plusieurs unités de police ces dernières semaines.
Les plaintes ont ensuite été centralisées auprès de la Direction de la police économique et financière. Les dénonciations ont également été relayées sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, TikTok et d’autres plateformes.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les sommes concernées atteindraient 320 701 500 francs CFA. Le parquet précise que ce montant reste provisoire et correspond aux sommes versées par plusieurs souscripteurs.
Les enquêteurs soupçonnent la proposition de parcelles que Rita Djédjé et sa société ne possédaient pas. Ces opérations immobilières auraient ainsi conduit plusieurs personnes à verser des fonds dans ces différents projets.
Le parquet s’intéresse également au rôle joué par plusieurs personnalités dans la promotion des projets immobiliers. Rita Djédjé serait apparue dans plusieurs vidéos aux côtés d’artistes, journalistes et créateurs de contenus.
Selon l’accusation, certaines personnalités auraient utilisé leur notoriété pour encourager des souscripteurs à investir. D’autres auraient présenté ces projets dans des groupes WhatsApp et perçu des fonds pour son compte.
L’information judiciaire vise notamment Zahibo Jean, alias John Jay, ainsi que Serey Dié Geoffroy. Adrienne Koutouan, Agbré Stéphane, alias Apoutchou National, figurent également parmi les personnes citées.
Dali Dago Aristide, alias Pantcho le Gatair, est également concerné par la procédure judiciaire. Kouamé Yeelen Virginie, alias Maa Bio, et Soumahoro Aboubacar, alias Yaka Yaka de Paris, sont aussi cités.
Les qualifications pénales retenues couvrent plusieurs infractions prévues par la législation ivoirienne. Elles comprennent notamment association de malfaiteurs, escroquerie et abus de confiance. Le dossier porte également sur des soupçons de faux et usage de faux dans des documents administratifs.
La procédure concerne enfin des faits présumés de complicité d’escroquerie et de blanchiment de capitaux. À l’issue de l’enquête préliminaire, les personnes concernées ont été déférées devant la justice. Une information judiciaire doit désormais permettre de déterminer le rôle précis de chacun dans cette affaire.
Le parquet national financier a requis un mandat de dépôt contre Rita Djédjé Grahon. Cette mesure est notamment motivée par la gravité présumée des faits et leur possible renouvellement.
La justice rappelle toutefois que les responsabilités individuelles restent à établir durant l’instruction judiciaire. Les personnes mises en cause bénéficient donc de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle condamnation définitive.
Le procureur national financier appelle par ailleurs le public à davantage de prudence face aux investissements proposés. Il recommande notamment de vérifier les opérations promues sur les réseaux sociaux auprès des canaux officiels.
Le parquet invite également les personnalités publiques à mesurer les risques liés à leur notoriété. Il les appelle à la vigilance lorsqu’elles associent leur image à des opérations financières ou immobilières.
Prudence AGBALETI