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Extradition de Kémi Séba : rendez-vous fixé au 20 novembre

La justice sud-africaine a rejeté, mardi, l’argument d’immunité diplomatique invoqué par Kémi Séba, maintenant ouverte la voie à son extradition vers le Bénin. L’activiste, accusé d’avoir soutenu la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, reste détenu dans l’attente de l’audience du 20 novembre.

La justice sud-africaine a rejeté, mardi 6 octobre 2026 à Pretoria, la demande d’immunité diplomatique présentée par Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi. Les juges ont estimé qu’aucun élément officiel ne permettait de lui reconnaître un statut de diplomate accrédité en Afrique du Sud au nom du Niger.

Sa défense soutenait qu’il bénéficiait d’une protection diplomatique en raison de sa nomination, en 2024, comme conseiller spécial du chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani.

Né le 9 décembre 1981 à Strasbourg, Kémi Séba avait renoncé à sa nationalité française le 8 juillet 2024, ne conservant que la nationalité béninoise. Il détient par ailleurs un passeport diplomatique nigérien, délivré par la junte issue du coup d’État de 2023, dont l’authenticité avait été confirmée par les autorités nigériennes lors des premières étapes de la procédure. C’est l’accréditation de son statut sur le sol sud-africain, et non le passeport lui-même, que la justice a refusé de reconnaître.

Kémi Séba avait été arrêté le 13 avril 2026 à Pretoria, en compagnie de son fils et d’un membre d’un groupuscule afrikaner, alors qu’ils tentaient, selon l’accusation, de quitter illégalement le territoire sud-africain en direction du Zimbabwe, les visas du père et du fils ayant expiré. Une demande de liberté sous caution avait déjà été rejetée le 18 juin 2026.

Le Bénin réclame son extradition pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion, des accusations liées au soutien qu’il aurait apporté à la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 à Cotonou. Une délégation béninoise s’était rendue en Afrique du Sud pour appuyer cette demande. Selon le parquet sud-africain, le dossier d’extradition a bien été reçu, mais attend encore l’autorisation de la ministre sud-africaine de la Justice, seule habilitée à la délivrer.

Avec le rejet de l’argument d’immunité, Kémi Séba reste détenu en Afrique du Sud dans l’attente de l’audience consacrée au fond de la demande d’extradition, prévue le 20 novembre 2026. Cette étape sera déterminante pour décider d’un éventuel renvoi vers le Bénin.

Figure connue et controversée des mouvements panafricanistes radicaux, suivie par environ 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux, Kémi Séba avait annoncé dès janvier 2025 son intention de se porter candidat à la présidentielle béninoise de 2026. Il bénéficie du soutien de plusieurs de ses partisans, qui dénoncent une affaire politique, tandis que les autorités béninoises présentent la procédure comme une question judiciaire relevant des tribunaux.

La décision sud-africaine ne constitue donc pas encore un ordre d’extradition, mais elle représente un revers important pour la défense de Kémi Séba, en écartant l’un des principaux arguments juridiques utilisés pour empêcher son transfert.

Prudence AGBALETI

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