Le gouvernement nigérian a annoncé, jeudi 8 octobre, que la compagnie NNPC vendra son essence à prix coûtant pendant trente jours, en priorité aux transporteurs publics. Le ministre des Finances assure qu’il ne s’agit pas d’un retour des subventions.
Le gouvernement nigérian a annoncé, jeudi 8 octobre 2026, une réduction temporaire du prix de l’essence distribuée par NNPC Limited. Le ministre des Finances et de l’Économie, Taiwo Oyedele, l’a présentée lors d’une conférence de presse à Abuja. « Nous offrons une remise sur l’essence distribuée par NNPC pour les 30 prochains jours, en priorité pour les transporteurs publics », a-t-il déclaré.
Le mécanisme est celui d’une vente à prix coûtant. NNPC Retail renoncera à sa marge de détail : si son coût d’approvisionnement atteint 1 300 nairas le litre, elle vendra au même prix. Selon le ministre, cette mesure n’est « ni une subvention, ni un contrôle des prix », mais un moyen de lisser les prix dans le temps. Elle se distingue du système de subventions supprimé en 2023.
L’essence se vend actuellement autour de 1 400 nairas le litre, contre environ 830 nairas avant la flambée des cours du brut. Selon le dernier barème de NNPC, le litre est affiché à 1 355 nairas à Lagos et à Port Harcourt, et à 1 370 nairas à Abuja.
Le gouvernement négocie parallèlement un plafond de 1 350 nairas le litre. Ce plafond porte sur le coût de sortie de dépôt, ou coût d’approvisionnement, de l’essence. Taiwo Oyedele a précisé que ce chiffre ne signifie pas que l’essence sera nécessairement vendue 1 350 nairas à la pompe. Cette distinction n’est pas toujours respectée : certains médias nigérians présentent ce montant comme le prix de vente en station. Un point de clarification reste donc attendu sur le tarif final.
Le ministre a aussi annoncé la création d’une Réserve stratégique nationale de carburant, pour mieux faire face aux perturbations d’approvisionnement. Il a espéré que d’autres distributeurs imiteraient NNPC, estimant que la hausse actuelle des prix ne durerait pas.
L’annonce intervient à trois mois de l’élection présidentielle du 16 janvier 2027. Le président Bola Tinubu, candidat à un nouveau mandat, défend les réformes engagées depuis 2023. La présidence a soutenu la mesure. L’opposition, dont Atiku Abubakar et le parti NDC de Peter Obi, a en revanche dénoncé une tentative de rétablir les subventions par la porte dérobée. Atiku Abubakar promet de son côté le retour des subventions sur l’essence.
Prudence AGBALETI