L’Érythrée a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à prendre des « mesures dissuasives » à l’encontre de l’Éthiopie, qu’Asmara accuse d’avoir déclaré la guerre dans le contexte du conflit au Tigré.
Accusations mutuelles
Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre érythréen des Affaires étrangères, Osman Saleh, a affirmé que les allégations selon lesquelles des troupes érythréennes auraient pénétré en territoire éthiopien s’inscrivaient dans un plan d’Addis-Abeba visant à justifier la guerre. Il a exhorté le Conseil de sécurité à condamner fermement les agissements de l’Éthiopie et à imposer les mesures dissuasives nécessaires.
Saleh a invoqué le Chapitre VII de la Charte des Nations unies, qui prévoit des mesures allant des sanctions au recours à la force. Selon lui, cette escalade pourrait entraîner des ravages considérables pour les populations des deux pays et déstabiliser l’ensemble de la région.
Auparavant, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timothewos, avait accusé l’Érythrée d’un acte d’agression manifeste et affirmé le droit de son pays à la légitime défense, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies. Les autorités éthiopiennes soutiennent que des troupes érythréennes ont pénétré jusqu’à 60 kilomètres à l’intérieur du Tigré.
Combats au Tigré
L’Éthiopie accuse l’Érythrée de soutenir le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Le mois dernier, une alliance de sept groupes armés a attaqué les forces fédérales dans cette région du nord, cherchant à renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.
Cette semaine, l’armée éthiopienne a annoncé avoir repoussé les combattants du TPLF et pris le contrôle de la capitale régionale, Mekele. Elle a également fait état de frappes de drones visant les forces militaires érythréennes au Tigré.
Les tensions entre les deux pays se sont également intensifiées au sujet de l’accès de l’Éthiopie à la mer Rouge. L’Érythrée a obtenu son indépendance vis-à-vis de l’Éthiopie en 1993, et les deux États se sont affrontés lors d’une guerre frontalière entre 1998 et 2000. Durant le conflit au Tigré (2020-2022), les forces du TPLF ont combattu les troupes gouvernementales éthiopiennes, soutenues à l’époque par l’Érythrée.