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Est de la RDC : l’ONU déplore l’absence de véritable cessez-le-feu

L’envoyé spécial de l’ONU pour les Grands Lacs a déploré mardi l’absence de véritable cessez-le-feu dans l’est de la RDC. Il s’exprimait au lendemain de la création, à Goma, du nouveau Front pour la refondation de la Nation.

Huang Xia s’est exprimé mardi 13 octobre 2026 devant le Conseil de sécurité. « Un véritable cessez-le-feu peine à se concrétiser », a-t-il déclaré. Les combats se poursuivent au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Selon l’ONU, le groupe AFC/M23 y étend son emprise, avec le soutien de l’armée rwandaise. Son exposé suivait de 24 heures l’annonce, par le M23, d’un nouveau mouvement politico-militaire qui le remplace.

Plusieurs initiatives diplomatiques sont en cours. Les États-Unis accompagnent le processus entre Kinshasa et Kigali. Le Qatar facilite les négociations entre le gouvernement et l’AFC/M23. L’Union africaine tente de coordonner ces démarches.

Des avancées existent. Un protocole sur le désarmement des FDLR a été conclu. Les premières missions d’un mécanisme conjoint de vérification ont été lancées. Ces progrès restent fragiles. Kigali conteste la conformité du protocole aux accords de Washington. Les retraits du M23 de certaines positions demeurent limités. Selon le rapport, ils relèvent davantage de calculs tactiques que d’un vrai désengagement.

Les affrontements touchent Mwenga et Fizi au Sud-Kivu, ainsi que Masisi, Lubero et Walikale au Nord-Kivu. Le rapport signale un usage accru de drones armés, d’artillerie lourde et d’explosifs dans des zones habitées.

D’autres groupes aggravent l’insécurité. Les ADF, affiliées à l’État islamique, seraient liées à 211 incidents et 468 victimes civiles. Les FDLR sont mises en cause dans 94 incidents, qui ont fait 40 morts civils. Entre le 16 mars et le 15 septembre, l’ONU a recensé 2 186 violations des droits humains imputées à des groupes armés, soit 70 % du total. La moitié serait le fait de l’AFC/M23. Les forces de sécurité congolaises sont aussi mises en cause, avec 891 violations.

La crise humanitaire reste grave. Fin juin, la RDC comptait plus de six millions de déplacés. Plus de 26 millions de personnes subissaient une insécurité alimentaire aiguë. Ebola aggrave la situation sanitaire. Au 19 septembre, les autorités rapportaient 7 672 cas confirmés et 3 699 décès.

Huang Xia a souligné le rôle des minerais illégaux dans le financement des groupes armés. Il a plaidé pour une meilleure traçabilité des chaînes d’approvisionnement. Il a aussi averti que les tensions entre Kinshasa et Kigali, et entre le Rwanda et le Burundi, pouvaient mener à un conflit régional. Un incident frontalier suffirait à déclencher une confrontation plus large.

La délégation congolaise a demandé une application « intégrale et sans ambiguïté » de la résolution 2773. Elle réclame le retrait des forces rwandaises et le renforcement de la vérification du cessez-le-feu, avec l’appui de la MONUSCO. Huang Xia a exhorté les parties à produire des résultats concrets et vérifiables. La fenêtre ouverte par les négociations ne le restera pas indéfiniment, a-t-il prévenu.

Prudence AGBALETI

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