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Navi Pillay dénonce les sanctions de Trump contre la justice internationale

La lauréate du prix Nobel de la paix 2026, Navi Pillay, dénonce les sanctions américaines visant la Cour pénale internationale (CPI). Elle accuse Donald Trump de vouloir entraver une juridiction indépendante et l’invite à consulter ses conseillers juridiques.

L’ancienne Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme critique vivement la politique américaine envers la justice internationale. Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP), le 14 octobre 2026, elle a contesté la légalité des mesures décidées par Washington.

« Faites appel à vos conseillers juridiques pour qu’ils vous expliquent ce qu’est le droit international », a déclaré Navi Pillay. Elle estime que toute ingérence dans les activités d’une juridiction internationale indépendante soulève de graves questions juridiques.

Des sanctions visant les activités de la CPI

Le 9 octobre, l’administration américaine a annoncé de nouvelles sanctions contre la Cour pénale internationale, basée à La Haye. Ces mesures visent notamment ses opérations financières et son accès aux services technologiques américains.

Washington prévoit une période de six mois pour permettre aux entreprises et aux particuliers américains concernés de mettre fin à leurs relations commerciales avec la juridiction. Les restrictions pourraient compliquer le fonctionnement quotidien de la Cour et ses relations avec certains prestataires.

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a défendu cette décision au nom des intérêts nationaux des États-Unis. L’administration Trump reproche notamment à la CPI de poursuivre des enquêtes susceptibles de concerner des ressortissants américains et des responsables de pays alliés.

Le mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu au cœur des tensions

Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans un conflit persistant entre Washington et la juridiction internationale. Les autorités américaines contestent particulièrement les procédures visant des responsables israéliens dans le contexte de la guerre à Gaza.

En novembre 2024, la CPI a délivré des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. La Cour les soupçonne de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité liés au conflit.

Les États-Unis ne sont pas parties au Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI. Washington conteste la compétence de la Cour dans certaines affaires concernant des ressortissants de pays non membres.

Navi Pillay dénonce une politique à deux poids, deux mesures

L’ancienne juge de la CPI critique également ce qu’elle considère comme une application sélective des principes de justice internationale par Washington. Elle rappelle que de précédentes administrations américaines avaient soutenu les poursuites engagées contre le président russe Vladimir Poutine.

La CPI avait délivré un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine en mars 2023, notamment pour le crime de guerre présumé de déportation illégale d’enfants ukrainiens. Navi Pillay juge contradictoire le soutien apporté à cette procédure et l’opposition américaine aux enquêtes concernant Israël.

Les défenseurs de la Cour considèrent les sanctions américaines comme une menace pour son indépendance et pour la lutte contre l’impunité. À l’inverse, l’administration Trump affirme vouloir empêcher une juridiction qu’elle conteste de porter atteinte à la souveraineté américaine.

Pour Navi Pillay, l’enjeu dépasse les différends entre Washington et La Haye. Il concerne la capacité des institutions judiciaires internationales à exercer leurs missions sans subir de pressions politiques ou économiques.

Prudence AGBALETI

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