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ONU : Macky Sall se retire, quelles conséquences pour le Sénégal et l’Afrique ?

Macky Sall a retiré sa candidature au secrétariat général de l’ONU, au lendemain d’un vote indicatif défavorable. Cet échec expose le Sénégal à un revers diplomatique et laisse l’Afrique avec un seul candidat, l’Ougandais Olara Otunnu.

Macky Sall a annoncé samedi 17 octobre le retrait de sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU. La décision survient au lendemain d’un vote indicatif du Conseil de sécurité, tenu le 16 octobre à huis clos. L’ancien président sénégalais y a obtenu cinq avis favorables et dix défavorables, selon les résultats rapportés par la presse. Les sept candidats ont tous reçu au moins un avis négatif d’un des cinq  membres permanents.

La Costaricienne Rebeca Grynspan arrive en tête avec neuf (9) avis favorables, devant l’Argentin Rafael Grossi et ses huit(8). Un premier vote, le 30 juillet, plaçait déjà Grynspan en tête et Macky Sall à la cinquième place.

Une lecture régionale, des chiffres plus personnels

Dans sa déclaration, il invoque l’espoir de favoriser une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité. Il juge que les votes tests favorisent une personnalité d’Amérique latine et des Caraïbes, peut-être une femme. 

Il présente donc son retrait comme la prise en compte d’une préférence régionale, et non comme un rejet personnel. Les chiffres suggèrent pourtant un handicap plus personnel : dix avis défavorables, contre cinq pour Grynspan.

Pour le Sénégal, un dossier devenu embarrassant

Sa candidature n’avait pas été portée par Dakar, mais par le Burundi, qui présidait l’Union africaine. Le gouvernement sénégalais a d’abord dit ne pas avoir été associé à cette démarche, en mars. Bassirou Diomaye Faye a finalement annoncé le soutien officiel du Sénégal le 20 juillet, après avoir reçu Macky Sall.

Ce revirement a surpris, le Pastef, qui a porté Faye au pouvoir, étant un adversaire farouche de Macky Sall. Des observateurs l’expliquent par la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko. Le retrait expose Faye, qui avait défendu ce dossier à New York, en marge de l’Assemblée générale.

Le Collectif des victimes du régime de Macky Sall rappelle qu’une candidature peut être retirée, pas l’exigence de justice. Les violences politiques de 2021 à 2024 ont fait au moins 67 morts, selon RFI. Pour Dakar, l’enjeu est désormais de tourner la page sans rouvrir les fractures politiques liées à Macky Sall.

Pour l’Afrique, un continent divisé et en retrait

En mars, l’Union africaine avait refusé d’entériner cette candidature, face à l’opposition d’une vingtaine d’États membres, selon Ndarinfo. 

Le retrait met donc fin à une candidature qui n’a jamais fait l’unanimité sur le continent. L’Afrique compte désormais un seul candidat, l’Ougandais Olara Otunnu, dans une course dominée par l’Amérique latine.

Les trois premiers du vote indicatif viennent d’Amérique latine et des Caraïbes : Grynspan, Grossi et la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett. Pour le continent, l’épisode souligne le coût d’une candidature portée sans consensus continental ni accord du pays d’origine.

Une course encore ouverte

Aucun candidat n’ayant l’aval des cinq membres permanents, le processus reste ouvert à de nouvelles candidatures. Le mandat d’António Guterres s’achève le 31 décembre 2026, et son successeur prendra ses fonctions le 1er janvier 2027. Reste à savoir si l’Afrique pèsera sur le choix final, que l’Assemblée générale fait sur recommandation du Conseil.

Prudence AGBALETI

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