L’Union africaine appelle les acteurs politiques congolais à la retenue, au dialogue et au respect du cessez-le-feu. L’organisation met en garde contre toute prise de pouvoir par la force, sans citer l’ex-président Joseph Kabila.
Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine (UA), a publié mardi un communiqué sur la RDC. Daté du 19 octobre, ce texte appelle les acteurs politiques congolais à privilégier le dialogue et les moyens pacifiques. Il demande aussi de respecter le cessez-le-feu, d’appliquer les engagements de Doha et de Washington et de protéger les civils.
Mahmoud Ali Youssouf salue les efforts du président Félix Tshisekedi pour un dialogue national ouvert aux acteurs politiques et sociaux. Ce dialogue doit se dérouler dans le respect des institutions de la République, précise le communiqué. L’UA rappelle son opposition aux changements anticonstitutionnels de gouvernement, notamment la prise du pouvoir par la force. Elle cite l’Acte constitutif, la Déclaration de Lomé de 2000 et la Charte africaine de la démocratie.
Le texte ne cite ni Joseph Kabila ni son nouveau mouvement, le FRN, relève le site Actualite.cd. Joseph Kabila, ex-président, a pris le 12 octobre la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN). Ce mouvement politico-militaire, lancé à Goma, absorbe l’AFC/M23, désormais dissoute, ainsi que le groupe armé Twirwaneho. Kabila a été condamné à mort par contumace en septembre 2025 pour trahison et crimes de guerre.
Le FRN affirme reprendre les engagements de l’AFC/M23, y compris ceux souscrits lors des négociations de Doha. Kabila reproche à Kinshasa de ne pas avoir respecté le cessez-le-feu conclu à Doha avec l’AFC/M23. Soutenu par le Rwanda, le M23 contrôle de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, selon l’AFP. Un cessez-le-feu conclu en juillet 2025 sous médiation qatarie n’est toutefois pas respecté, selon l’AFP.
Elle réaffirme aussi son attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la RDC. L’UA réaffirme son soutien à la médiation de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil togolais et médiateur de l’UA. Cette médiation est appuyée par les facilitateurs de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la SADC. La Commission de l’UA se dit prête à l’accompagner, en coordination avec les initiatives régionales et internationales.
Reste à voir si cet appel suffira, alors que le cessez-le-feu n’est pas respecté sur le terrain. Un éditorial d’Infos Gabon juge que le dialogue ne suffit plus sans exigences claires et résultats observables.
Prudence AGBALETI