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Sénégal : Sonko dénonce le recours au G20 pour traiter la dette

Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise Ousmane Sonko conteste le recours du pays au Cadre commun du G20. Il menace de ne pas voter les lois de finances, tout en affirmant ne pas vouloir faire obstruction.

Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a dénoncé lundi 19 octobre le recours du Sénégal au Cadre commun du G20. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse à Dakar, où il a aussi critiqué les projets de loi de finances.

Le Cadre commun, lancé en 2020 par le G20, coordonne la restructuration de la dette des pays en difficulté. Le gouvernement sénégalais prévoit d’y recourir dans une version dite « renforcée », avec son Plan de traitement de la dette. Il accompagne un accord avec le FMI, conclu le 1er septembre, sur un programme de 2,2 milliards de dollars. Cet accord technique doit encore être approuvé par la direction et le conseil d’administration du FMI. Le gouvernement refuse le terme de restructuration et parle d’un Plan de traitement de la dette, hors dette en FCFA.

Selon Ousmane Sonko, le Sénégal n’avait pas besoin du G20 pour une simple opération de reprofilage de sa dette. Il juge que le pays n’aurait pas dû être le « premier cobaye » de cette nouvelle initiative. Pour lui, les difficultés du pays relèvent d’un problème de trésorerie et de financement, que d’autres solutions pouvaient régler. Il affirme qu’un financement émirati d’un milliard de dollars avait été annoncé en février 2026. Il affirme en détenir la preuve dans ses échanges avec le ministre des Finances et les Émiratis.

Il critique aussi les projets de loi de finances rectificative 2026 et de loi de finances initiale 2027. Il y voit un « budget d’économie », destiné surtout à rembourser la dette cachée, au détriment des dépenses sociales. Il propose en alternative de ramener la TVA de 18 % à 15 % et d’alléger d’autres taxes, selon SénePlus.

Aux députés de Pastef, il a donné pour consigne de « ne rien rejeter, ne rien valider » pour le moment. Il menace toutefois de ne voter aucun des deux textes sans garanties légales sur l’usage des ressources, selon Pulse. Selon lui, le rejet du budget 2027 n’entraînerait pas de crise, la loi organique prévoyant la reconduction des crédits antérieurs. Sonko a invité le Premier ministre Al Aminou Lô à un débat public contradictoire sur la dette.

Fin 2024, la dette publique atteignait 132 % du PIB, selon le FMI, après la découverte d’emprunts cachés. Ces emprunts non déclarés auraient été contractés par l’administration précédente, celle de Macky Sall, rapporte Reuters. Le FMI estime la dette cachée à plus de 11 milliards de dollars à fin 2023. Reste à voir si le gouvernement obtiendra des députés Pastef le vote de ses lois de finances.

Prudence AGBALETI 

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