La Belgique a condamné mercredi la décision de l’ex-président Joseph Kabila de diriger le mouvement politico-militaire FRN. Bruxelles appelle au dialogue et rejette toute conquête du pouvoir par les armes, dans l’est de la RDC.
Maxime Prévot, ministre belge des Affaires étrangères, a condamné mercredi 21 octobre la direction du FRN par Joseph Kabila. Le FRN, ou Front pour la refondation de la nation, est une coalition politico-militaire qui inclut le M23. Prévot s’exprimait devant la commission des Relations extérieures de la Chambre des représentants, à Bruxelles.
Il juge « déplorable, incompréhensible et inacceptable » qu’un ancien chef d’État dirige un mouvement qui vise le pouvoir par les armes. Il rappelle que l’ancien président a lui-même été confronté aux ravages des rébellions armées, selon La Libre. Il juge cette voie « profondément illégitime » et incapable de mener à la stabilité, à la paix ou à la démocratie. Il avertit que ceux qui choisissent cette voie devront en assumer pleinement la responsabilité, selon Reporter.cd. Selon lui, il n’existe aucune solution militaire au conflit, et une escalade aggraverait les souffrances des civils.
Le FRN a été annoncé le 12 octobre à Goma, dans l’est de la RDC. Il succède à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dissoute au profit du FRN, dont faisait partie le M23. Le mouvement affirme vouloir « mettre fin à la tyrannie » et se dit prêt à recourir à la force.
Président de 2001 à 2019, Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace en septembre 2025, notamment pour trahison. Il conteste les accusations de la Haute Cour militaire, que son camp juge motivées par des considérations politiques. La Belgique n’est pas surprise, vu les contacts que Kabila entretenait avec le M23, selon l’agence Belga. Le ministère belge des Affaires étrangères suit la situation de près, sans changement fondamental constaté sur le terrain.
Selon l’ACP, il appelle à préserver les acquis de Doha et de Washington et à protéger les civils. L’Union africaine avait appelé le 20 octobre à la retenue et au respect de l’ordre constitutionnel, sans citer Kabila.
Olivier Kamitatu, dans une tribune, reproche à Bruxelles de condamner les armes sans dénoncer les atteintes aux libertés. Il rappelle qu’en octobre 2025, Prévot s’était interrogé sur la qualité de la procédure contre Kabila.
Prudence AGBALETI