John Pambalu, cadre du parti d’opposition Chadema, a été inculpé mercredi de trahison, passible de la peine de mort. Il est le deuxième dirigeant du parti poursuivi, après Tundu Lissu, dont le procès touche à sa fin.
John Pambalu a été inculpé mercredi 21 octobre de trahison, une infraction passible de la peine de mort en Tanzanie. Il siège au conseil national de Chadema et a dirigé sa branche jeunesse, selon l’AFP. L’acte d’accusation lui reproche d’avoir voulu inciter le public à entraver les élections générales de 2025. Il aurait aussi organisé des « manifestations incessantes » pour intimider l’exécutif de la République de Tanzanie.
Le vice-président de Chadema, John Heche, a confirmé l’inculpation lors d’un rassemblement à Arusha, dans le nord du pays. Heche dit s’attendre à une procédure similaire contre lui, mais assure qu’il ne fuira pas le pays.
Tundu Lissu, chef de Chadema, avait été arrêté en avril 2025 après un discours sur le blocage des élections. Il avait déclaré que Chadema entendait « bloquer les élections par la confrontation » sans réforme du système électoral. Son procès, jugé politique par de nombreux observateurs, s’est achevé fin septembre, selon Rio Times. Le même média situe le jugement au 6 novembre, une date non confirmée par l’AFP. Tundu Lissu fait partie des finalistes du prix Sakharov 2026 du Parlement européen, selon l’UBC.
Chadema avait été exclu de l’élection d’octobre 2025, remportée par Samia Suluhu Hassan avec 98 % des voix. Des manifestations ont suivi le scrutin, violemment réprimées par la police et les forces de sécurité. Ces violences auraient fait environ 2 000 morts, selon l’opposition et des ONG de défense des droits humains. Une commission d’enquête lancée par la présidente évoque 518 morts, sans désigner de responsables, mais l’opposition la juge partiale.
Samia Suluhu Hassan est présidente depuis mars 2021, après la mort de John Magufuli, dirigeant autoritaire. Elle avait d’abord été saluée pour avoir assoupli les restrictions visant l’opposition et les médias. L’opposition l’accuse aujourd’hui de renouer avec les politiques de son prédécesseur, sans réaction du gouvernement dans les sources consultées. Reste à savoir si John Heche sera à son tour poursuivi, comme il l’anticipe publiquement.
Prudence AGBALETI