Le président Bola Tinubu a officiellement lancé samedi, dans la ville de Kaduna (nord), sa campagne pour un second mandat. Il a cherché à convaincre les électeurs que les réformes économiques, bien que douloureuses, commencent à porter leurs fruits, malgré une crise persistante du coût de la vie.
À l’approche du scrutin du 16 janvier, Bola Tinubu, âgé de 74 ans, se retrouve engagé dans une compétition qui devrait être dominée par les enjeux économiques et sécuritaires. Parmi ses principaux adversaires figurent l’ancien vice-président Atiku Abubakar et Peter Obi, arrivés respectivement deuxième et troisième lors du scrutin de 2023.
À la mi-journée, des milliers de partisans du parti du président, le Congrès des progressistes (All Progressives Congress), avaient investi une grande partie du stade Ranchers Bees, d’une capacité de 10 000 places. D’autres personnes continuaient d’arriver alors que le rassemblement débutait.
« Merci pour cette mobilisation massive. C’est une promesse : le 16 janvier 2027, vous devrez vous mobiliser en masse pour me réélire », a déclaré Tinubu à la foule.
L’opposition a créé des problèmes, affirme Tinubu
Depuis son entrée en fonction en 2023, Tinubu a supprimé les subventions sur les carburants, dévalué le naira et mis en œuvre d’autres réformes auxquelles on attribue une amélioration des finances publiques, des réserves de change et de la confiance des investisseurs. Toutefois, ces mesures ont également exacerbé la pire crise du coût de la vie que le Nigeria ait connue depuis une génération.
En septembre, le prix de l’essence a atteint environ 1 400 nairas (1,05 dollar) le litre à Lagos et à Abuja, et jusqu’à 1 500 nairas dans certaines régions du nord du Nigeria, alourdissant ainsi la pression sur les budgets des ménages.
Tinubu a rejeté les critiques de l’opposition concernant la faim et la pauvreté, affirmant que ce sont ses rivaux qui ont engendré ces problèmes.
« C’est eux qui ont créé la faim. C’est eux qui ont créé la pauvreté. Nous, nous essayons de les éradiquer. »
Phrank Shaibu, porte-parole de l’équipe de campagne d’Atiku, a déclaré à Reuters que le président tentait de se soustraire à ses responsabilités.
« Monsieur le Président, rejeter la faute de la faim sur l’opposition relève soit du délire, soit d’un cas flagrant d’amnésie politique », a-t-il affirmé.
La sécurité constituera un autre défi majeur. Le Nigeria continue de lutter contre des bandits armés et des ravisseurs dans le nord-ouest, ainsi que contre une insurrection islamiste qui dure depuis 17 ans dans le nord-est, où les combattants ont intensifié leurs attaques contre des positions militaires.
Tinubu entre néanmoins dans la course muni d’une redoutable machine politique. Son camp affirme qu’il bénéficie du soutien de 32 des 36 gouverneurs d’État du Nigeria, ce qui lui confère potentiellement un avantage organisationnel sans précédent. Toutefois, les élections passées ont montré que les gouverneurs ne parviennent pas toujours à garantir les voix de leur État aux candidats à la présidence.
Son défi électoral le plus ardu pourrait se situer dans le nord, où Atiku — un homme politique chevronné originaire de cette région et disposant d’une base de soutien bien établie — cherchera à grignoter l’électorat du président.
Tinubu a fait savoir qu’il ne participerait pas aux meetings de campagne dans les 36 États, devant rester concentré sur l’exercice du pouvoir. Selon le calendrier proposé par son parti, il assistera personnellement à des rassemblements dans 12 États, avec pour point d’orgue un grand meeting de clôture le 9 janvier dans l’État de Lagos, dont il est originaire.