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Kenya : la disparition présumée d’un opposant tanzanien alarme les ONG

L’opposant tanzanien Twaha Mwaipaya est porté disparu depuis le 25 octobre au Kenya. Amnesty International et des organisations de défense des droits humains réclament une enquête urgente et des garanties pour sa sécurité.

La disparition présumée de Twaha Mwaipaya suscite des inquiétudes au Kenya et en Tanzanie. Cet ancien responsable de la mobilisation des jeunes du principal parti d’opposition tanzanien, Chadema, aurait été enlevé près de Nairobi.

Selon Amnesty International, le militant circulait en taxi pour rendre visite à des amis lorsqu’il a été intercepté dimanche après-midi. Les faits se seraient produits à Kamulu, dans le comté de Machakos, à l’est de la capitale kényane.

D’après les informations communiquées par l’organisation, plusieurs individus circulant à bord de trois véhicules auraient arrêté le taxi. Ils auraient ensuite emmené l’opposant, dont la localisation demeure inconnue.

Twaha Mwaipaya avait quitté la Tanzanie pour le Kenya en 2025. Il est connu pour ses critiques à l’égard du gouvernement tanzanien et ses publications dénonçant la répression politique.

Son parti, Chadema, soupçonne les autorités tanzaniennes d’être impliquées dans cette disparition. Cette accusation n’a toutefois pas été établie de manière indépendante.

Les circonstances précises de l’incident restent floues. Selon Reuters, les autorités policières kényanes et tanzaniennes n’avaient pas répondu aux demandes de commentaires au moment de la publication de son compte rendu, le 26 octobre.

Amnesty International a demandé aux autorités kényanes de retrouver rapidement le militant et de garantir sa sécurité. L’organisation appelle également toute personne disposant d’informations utiles à les communiquer aux autorités compétentes.

Des militants kényans ont également exprimé leurs préoccupations. Boniface Mwangi estime que le territoire kényan ne doit pas devenir un lieu où des opposants étrangers sont ciblés en raison de leurs activités politiques.

D’autres responsables de la société civile réclament une enquête indépendante. Ils demandent notamment que toute tentative de transfert forcé de l’opposant vers la Tanzanie soit empêchée.

Cette affaire rappelle d’autres disparitions présumées ayant concerné des opposants et des défenseurs des droits humains dans la région. En novembre 2024, l’opposant ougandais Kizza Besigye avait disparu à Nairobi avant de réapparaître devant un tribunal militaire en Ouganda.

En janvier 2025, l’activiste tanzanienne Maria Sarungi Tsehai avait également été enlevée à Nairobi, avant d’être libérée quelques heures plus tard. Ces précédents alimentent les inquiétudes concernant la sécurité des militants contraints de s’exiler dans les pays voisins.

Amnesty International dénonce une tendance préoccupante à la répression transnationale en Afrique de l’Est. L’organisation demande aux États de protéger les personnes en exil et de faire respecter leurs droits fondamentaux.

À ce stade, les circonstances de la disparition de Twaha Mwaipaya et l’identité des personnes impliquées restent à établir. Les autorités sont appelées à déterminer où il se trouve et à garantir sa sécurité.

Prudence AGBALETI

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