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Mali : Adama Sangaré condamné à dix ans dans une affaire foncière

L’ancien maire du district de Bamako, Adama Sangaré, a été condamné le 26 octobre à dix ans de réclusion criminelle. La justice malienne a également prononcé d’autres peines dans une affaire de morcellement de terrains situés dans la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou.

La Chambre criminelle du Pôle national économique et financier a rendu son verdict lundi 26 octobre 2026. Adama Sangaré et plusieurs coaccusés étaient poursuivis pour des opérations foncières concernant le domaine public de l’État.

L’ancien maire du district de Bamako a écopé de dix ans de réclusion criminelle ferme. Les anciens sous-préfets Daha Keïta et Ibrahim Koïta ont reçu la même peine.

Adam Aïché Traoré, Fatouma Samassékou et Bourama Komagara ont été condamnés à dix ans de réclusion criminelle, dont cinq ans avec sursis. En revanche, Sékou Keïta a été acquitté.

L’ancien maire de la Commune VI de Bamako, Souleymane Dagnon, a été condamné par défaut à vingt ans de réclusion criminelle. Un mandat d’arrêt a également été décerné contre lui.

La juridiction a condamné les personnes concernées à verser solidairement 483,964 millions de francs CFA au titre des frais de démolition. Elle a également fixé à 50 millions de francs CFA les dommages et intérêts dus à l’État.

Au cours du procès, le parquet avait requis quinze ans de réclusion contre Adama Sangaré, Daha Keïta et Ibrahim Koïta. Il avait demandé vingt ans contre Souleymane Dagnon.

L’affaire porte sur le morcellement et la régularisation de parcelles situées dans l’emprise de l’aéroport international de Bamako-Sénou. Selon les éléments du dossier, cette zone avait été intégrée au domaine public immobilier de l’État par un décret de septembre 1999.

Plusieurs décisions de régularisation foncière ont ensuite été prises entre 2016 et 2018. Les poursuites concernaient notamment des faits de faux, d’usage de faux et d’atteinte aux biens publics.

Devant la justice, Adama Sangaré avait contesté les accusations. Il affirmait que les documents détenus par la mairie ne mentionnaient pas l’appartenance des terrains concernés à l’emprise aéroportuaire.

Ouvert le 12 octobre après plusieurs reports, le procès s’est achevé avec le prononcé des peines. Selon Radio France Internationale, la défense a annoncé son intention de faire appel.

Cette affaire remet au centre du débat la gestion du domaine foncier public au Mali et les responsabilités des autorités administratives dans l’attribution des terrains.

Prudence AGBALETI

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