Le gouvernement a obtenu mardi le renvoi en commission du budget rectificatif 2026, que Pastef s’apprêtait à rejeter. Ce délai retarde la conclusion d’un programme de 2,2 milliards de dollars avec le FMI, encore à valider.
L’Assemblée nationale du Sénégal a renvoyé mardi 27 octobre en commission le projet de loi de finances rectificative 2026. Le ministre des Finances, Cheikh Diba, avait demandé ce renvoi à l’ouverture du débat en séance plénière. Il a invoqué l’article 84 du règlement intérieur, qui rend ce renvoi de droit lorsque le gouvernement le sollicite. Ousmane Sonko, président de l’Assemblée et chef de Pastef, en a pris acte et a convoqué la Conférence des présidents. Elle doit fixer un nouveau calendrier de travail, sans date précise pour le retour du texte en séance.
Le vendredi 23 octobre, la commission des finances avait déjà rejeté le texte, avec le vote contre de Pastef. Le groupe d’opposition Takku Wallu s’était abstenu, et Pastef détenant la majorité, un rejet en séance paraissait quasi certain. Sonko et ses partisans dénoncent la suppression de projets alors que les fonds spéciaux ne baissent pas, selon Sika Finance. Ce bras de fer budgétaire s’inscrit dans la querelle politique entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.
Lundi, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo avait exhorté Pastef à ne pas paralyser le pays. Le même jour, la commission des finances a demandé des documents complémentaires au gouvernement, en se disant ouverte au dialogue. Cheikh Diba plaide pour des discussions « franches, loyales et constructives » afin d’éviter une impasse institutionnelle.
Ce budget conditionne un programme de 36 mois avec le FMI, d’un montant de 2,2 milliards de dollars. Le conseil d’administration du FMI n’a pas encore approuvé ce programme, qui reste soumis à des conditions. Fin 2024, la dette publique atteignait 132 % du PIB, selon le FMI, après la découverte d’emprunts cachés. Le coût de la vie a aussi déclenché une grève générale de trois jours la semaine dernière.
Reste à savoir si la commission trouvera un compromis avec le gouvernement avant les prochaines échéances avec le FMI.