La République centrafricaine a renforcé les contrôles sanitaires à ses frontières face à l’épidémie d’Ébola en RDC voisine. Aucun cas n’a été signalé à ce jour en Centrafrique, selon un responsable de la santé. Les riverains de l’Oubangui, qui vivent du transport et de la pêche, redoutent une contamination.
La Centrafrique a renforcé ses contrôles frontaliers, alors que la RDC fait face à sa plus meurtrière épidémie d’Ébola. Plus de 10 000 cas confirmés et près de 4 900 décès étaient recensés en RDC au 25 octobre. Le virus, de l’espèce Bundibugyo, a aussi touché l’Ouganda, le Kenya et le Nigeria, selon l’ECDC. L’épidémie est, selon Reuters, la deuxième plus grave de l’histoire, après celle d’Afrique de l’Ouest en 2014-2016.
Au débarcadère de M’Poko Bac, près de Bangui, les voyageurs venus de RDC sont soumis à des contrôles. Ils se lavent les mains, puis un agent de santé prend leur température et enregistre leurs informations. Les passagers arrivent en pirogue et débarquent un par un, explique la responsable du contrôle sanitaire, Maldiana Bagalama.
Selon le docteur Valentin Nebanga, du ministère de la Santé, les points d’entrée réunissent plusieurs services de l’État. Des agents de santé communautaires contrôlent tous les passagers, à l’arrivée comme au départ, avec un formulaire standardisé. Chefs de quartier, responsables communautaires et leaders religieux relaient aussi les consignes de prévention auprès des habitants.
Le virus est présent dans huit provinces de la RDC, dont le Nord-Ubangi, le Sud-Ubangi et les deux Uélé. La frontière avec la Centrafrique, longue de plus de 1 500 kilomètres, est poreuse et largement dépourvue de surveillance. Pêcheurs, piroguiers et vendeuses de poisson dépendent de l’Oubangui, voie navigable essentielle entre les deux pays.
Foxy Yeti Nzapa, piroguier de 25 ans, craint d’être exposé, car il transporte des passagers sans protection. Une vendeuse de poisson, Neige, demande au ministère de la Santé des mesures de précaution beaucoup plus importantes.
Le docteur Nebanga reconnaît que le pays n’est jamais totalement prêt face à une menace de cette ampleur. Son principal défi est de fidéliser le personnel de santé et de maintenir son engagement. À Obo, dans le Haut-Mbomou, un laboratoire mobile permet de détecter Ébola et d’autres maladies à potentiel épidémique. Le gouvernement a aussi adopté un plan de riposte de 19 milliards de FCFA, selon Ecomatin.