Un tribunal londonien a rejeté, mardi, la demande d’un ancien gouverneur d’un État pétrolier nigérian visant à réduire l’ordonnance de confiscation de biens d’un montant de 136,05 millions de dollars, prononcée à son encontre à la suite de sa condamnation dans une affaire de corruption.
James Ibori, qui bénéficie d’un accès facile au président Bola Tinubu et demeure influent dans l’État du Delta — une région productrice de pétrole —, a purgé plus de quatre ans de prison au Royaume-Uni après sa condamnation en 2012.
Il avait plaidé coupable d’avoir blanchi des dizaines de millions de dollars issus de fonds publics détournés, en passant par des banques et des biens immobiliers britanniques, durant la période où il était gouverneur de l’État du Delta, entre 1999 et 2007.
En 2023, un tribunal pénal londonien a ordonné la confiscation de 101,5 millions de livres sterling (136,05 millions de dollars) d’actifs lui appartenant. Il s’agit de l’une des plus importantes mesures de confiscation jamais imposées à un individu dans l’histoire judiciaire britannique.
Ibori a fait appel, espérant obtenir une réduction de quelque 4,3 millions de livres sterling, mais la Cour d’appel a rejeté, mardi, les arguments avancés par son avocat.
La procédure d’appel a retardé l’exécution de cette confiscation. Celle-ci devrait désormais pouvoir aller de l’avant, à moins qu’Ibori ne décide de porter l’affaire devant la Cour suprême.
Il a déclaré à l’agence Reuters être en discussion avec ses avocats pour déterminer la marche à suivre. Il a également souligné que beaucoup de temps s’était écoulé depuis le début de ses déboires. « Laissez-moi un peu tranquille », a-t-il ajouté.
À l’apogée de son mandat de gouverneur, Ibori était une personnalité très connue au Nigeria et une figure puissante, compte tenu de l’importance de l’État du Delta pour l’économie nationale.
À la suite d’une enquête conjointe menée par les services de lutte contre la corruption nigérians et britanniques sur ses affaires financières, il a quitté le Nigeria pour Dubaï, d’où il a été extradé vers la Grande-Bretagne en 2011.
Après avoir plaidé coupable en 2012, il a été condamné à 13 ans de prison. En tenant compte des périodes de détention effectuées avant et après son procès, il a purgé environ la moitié de sa peine.