Des centaines de personnes sont descendues samedi dans les rues de la capitale nigérienne pour exiger le départ des troupes américaines, après que le pouvoir a encore modifié sa stratégie en mettant fin à l’accord militaire avec les États-Unis et en accueillant des instructeurs militaires russes.
Marchant bras dessus bras dessous dans le centre de Niamey, la foule a brandi des drapeaux nigériens lors d’une manifestation qui en rappelle celles anti-françaises qui ont provoqué le retrait des forces françaises du Niger l’année dernière après la prise du pouvoir par l’armée lors du coup d’État du 26 juillet 2023.
Sur une pancarte on pouvait lire en anglais : « USA rush out of Niger » (ou USA quittez rapidement le Niger, Ndlr) en signe de soutien à la junte et à sa décision, mi-mars, de dénoncer un accord de coopération qui autorisait la présence d’un millier de militaires américains sur deux bases.
« Nous sommes ici pour dire non à la base américaine, nous ne voulons pas d’Américains sur notre sol », a déclaré la manifestante Maria Saley en marge de la marche.
Jusqu’au coup d’État, le Niger était resté un partenaire majeur en matière de sécurité de la France et des États-Unis, qui l’utilisaient comme base dans le cadre des efforts internationaux visant à freiner l’insurrection islamiste vieille de dix ans dans la région du Sahel en Afrique de l’Ouest.
Mais les nouvelles autorités du Niger ont rejoint le Mali et le Burkina Faso voisins pour mettre fin aux accords militaires avec les anciens alliés occidentaux, quitter l’organisation politique et économique régionale de la CEDEAO et favoriser des liens plus étroits avec la Russie.
L’arrivée mercredi d’instructeurs et de matériels militaires russes est une nouvelle preuve de l’ouverture du Niger à une coopération plus étroite avec Moscou, qui cherche à accroître son influence en Afrique.