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La police kenyane utilise des gaz lacrymogènes et des canons à eau alors que des centaines de personnes protestent contre les hausses d’impôts

Au Kenya, la police a encore tiré des gaz lacrymogènes et utilisé des canons à eau pour disperser les manifestants rassemblés près du Parlement dans la capitale pour manifester contre les hausses d’impôts prévues, dont beaucoup craignent qu’elles n’aggravent la crise du coût de la vie.

Des scènes de tension se sont déroulées jeudi à Nairobi alors que des centaines de personnes sont descendues dans la rue pour s’opposer au projet de loi de finances, qui propose l’introduction de nouvelles taxes et prélèvements qui augmenteraient le prix des produits de base.

Les augmentations d’impôts devraient rapporter 346,7 milliards de shillings (2,7 milliards de dollars), soit l’équivalent de 1,9 pour cent du produit intérieur brut (PIB), et réduire le déficit budgétaire de 5,7 pour cent à 3,3 pour cent du PIB.

Le gouvernement du président William Ruto, à court d’argent, a accepté de faire des concessions mardi, édulcorant le projet de loi après des affrontements entre des centaines de manifestants, pour la plupart des jeunes, et la police.

Mais le gouvernement continuera à procéder à certaines augmentations d’impôts et a défendu les hausses proposées comme étant nécessaires pour remplir ses caisses et réduire la dépendance à l’égard des emprunts extérieurs.

Les manifestants ont décidé d’organiser des manifestations dans tout le pays, notamment à Mombasa, ville de l’océan Indien, et dans la ville lacustre de Kisumu, deux bastions de l’opposition.

À Nairobi, les députés débattaient jeudi du projet de loi en deuxième lecture devant le Parlement. La version finale doit être adoptée avant le 30 juin. Entre-temps, les autorités ont bloqué plusieurs routes à proximité du Parlement et déployé un important dispositif de police.

La présidence a annoncé mardi la suppression des prélèvements proposés sur l’achat de pain, la possession d’une voiture ainsi que sur les services financiers et mobiles, provoquant un avertissement du Trésor concernant un déficit de 200 milliards de shillings (1,5 milliard de dollars) suite aux coupes budgétaires.

Le gouvernement a maintenant décidé d’augmenter les prix du carburant et les taxes à l’exportation pour combler le vide laissé par les changements, une décision qui, selon les critiques, rendra la vie plus chère dans un pays déjà aux prises avec une forte inflation.

Le pays dépend largement du diesel pour les transports, la production d’électricité et l’agriculture, tandis que le kérosène est utilisé par de nombreux ménages pour cuisiner et s’éclairer.

La manifestation de mardi a été largement pacifique, même si la police a également tiré des volées de gaz lacrymogènes. Au moins 335 personnes ont été arrêtées, selon un consortium de groupes de pression, dont la commission des droits de l’homme KNCHR et Amnesty Kenya.

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