Les États membres de l’Union européenne ont imposé vendredi des sanctions à neuf personnes et à une entité pour violations et abus des droits de l’homme en République démocratique du Congo et pour leur rôle dans le maintien du conflit dans l’est du pays.
La liste comprend deux dirigeants du groupe rebelle M23 et deux dirigeants des Forces démocratiques de libération du Rwanda, FDLR.
« Ces deux groupes entretiennent le conflit armé, l’instabilité et l’insécurité en RDC, notamment en incitant à la violence », a déclaré le Conseil de l’UE.
« En outre, ils sont responsables de graves violations des droits de l’homme, notamment de meurtres, de violences sexuelles et d’attaques contre des civils, ainsi que de recrutement d’enfants. »
Parmi ces personnes, il y a le leader de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), Corneille Nangaa, allié au M23.
L’UE a répertorié deux dirigeants du M23/ARC à savoir : Benjamin Mbonimpa, secrétaire exécutif du M23 et le général de brigade Justin Gacheri Musanga.
Sur cette liste rendue publique figure également le commandant et commandant-adjoint des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), Gustave Kubwayo et Célestin Rurakabije.
Le colonel Augustin Migabo des Forces de défense rwandaises (RDF) et Amigo Kiribige un des commandants des rebelles ADF, sont également sur la liste noire de l’UE.
L’entité sanctionnée par l’UE est l’Alliance Fleuve Congo, un mouvement politico-militaire créé au Kenya mais opérant dans l’est du Congo.
Les sanctions comprennent une interdiction de voyager et un gel des avoirs. Il est également interdit aux citoyens et aux entreprises de l’UE de mettre des fonds à la disposition des personnes figurant sur la liste.
L’UE suit ainsi les États-Unis qui avaient annoncé les mêmes mesures la veille. L’office de contrôle des avoirs du département du Trésor des États-Unis a sanctionné jeudi 25 juillet 2024, Corneille Nangaa, fondateur de l’Alliance Fleuve Congo, une coalition de groupes armés, ainsi que des personnes associées à cette rébellion, notamment Bertrand Bisimwa, le président du M23, Twirwaneho, un groupe armé affilié à l’AFC dans la province du Sud-Kivu, et Charles Sematama, un commandant et chef militaire adjoint de Twirwaneho.
« L’action d’aujourd’hui renforce notre engagement à demander des comptes à ceux qui cherchent à perpétuer l’instabilité, la violence et les dommages causés aux civils pour atteindre leurs objectifs politiques », a déclaré le sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier, Brian E. Nelson.
Et d’ajouter : « Nous condamnons l’AFC et ses affiliés, dont le M23, pour avoir alimenté ce conflit meurtrier et exacerbé une crise humanitaire dans l’est de la RDC »