Sur un total de 17 candidatures à l’élection présidentielle du 06 octobre prochain, trois ont été initialement retenues (Kais Saïed, Zouheir Maghzaoui et Ayachi Zammel) et 14 autres ont été rejetées pour l’absence du nombre requis de parrainages, ou l’absence de caution financière requise ou encore pour non éligibilité des conditions de nationalité et ce, en dépit de la notification de ces « manquements » aux personnes concernées dans les délais impartis, a fait savoir samedi Farouk Bouasker, président de l’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE).
Intervenant lors d’une conférence de presse tenue à Tunis pour annoncer les résultats préliminaires des candidatures retenues à l’élection présidentielle de 2024, Bouasker a souligné que les décisions du Conseil de l’ISIE sont des « décisions saines » et que le rejet de ces dossiers « était basé sur des fondements juridiques solides », et n’était pas « appuyé sur l’absence de l’extrait du casier judiciaire (bulletin n°3), contrairement aux informations relayées.
Il a ajouté que les candidats acceptés ainsi que ceux rejetés seront informés des décisions du conseil de l’instance et des motifs de rejet. Bouasker a précisé que les agents de l’instance, dont le nombre dépasse les 150 agents ont vérifié plus de 300 mille parrainages populaires présentés par les 17 candidats qui ont le droit, selon lui, « de recourir au pouvoir judiciaire pour faire le recours et contester les décisions de rejet », soulignant que tous ces parrainages populaires sont conservés auprès de l’instance et ils sont à la disposition de la justice .
Les partis d’opposition tunisiens et les organisations de défense des droits de l’homme ont accusé les autorités de recourir à des « restrictions arbitraires » et à des intimidations afin d’assurer la réélection de Saied.
Un tribunal tunisien a condamné ce mois-ci quatre candidats potentiels à l’élection présidentielle à huit mois de prison et leur a interdit de se présenter aux élections pour achat de voix.
Un candidat potentiel, Safi Said, a déclaré vendredi qu’il s’était retiré de la course parce qu’il refusait de participer à ce qu’il a appelé un « one man show ».
Kais Saied, qui a dissous le Parlement et pris le contrôle de tous les pouvoirs en 2021 dans une démarche qualifiée par l’opposition de coup d’État, avait déclaré l’année dernière qu' »il ne remettrait pas le pays à des non-patriotes ».