Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné lundi les Forces de soutien rapide (FSR) et les Forces armées soudanaises (SAF) pour leurs attaques contre des civils au Soudan, exigeant une action urgente pour protéger les vies innocentes et garantir que les responsables des atrocités soient tenus responsables.
« Les auteurs de violations graves du droit international humanitaire doivent être tenus responsables », a déclaré António Guterres au Conseil de sécurité de l’ONU, citant des rapports « horribles » faisant état d’attaques ds FSR contre des civils à El Fasher et de frappes aériennes aveugles des SAF dans des zones peuplées.
Il a en outre mentionné les récents « rapports choquants faisant état de massacres et de violences sexuelles » dans l’État d’Al Jazirah, à l’est du pays.
Guterres a appelé à la fin immédiate du flux d’armes vers le Soudan, qui, selon lui, « alimente le conflit ». Il a reconnu les appels en faveur d’une force de protection, mais a déclaré que les conditions nécessaires au déploiement des troupes de l’ONU n’étaient pas encore réunies.
Plus de 11 millions de personnes ont fui leur région d’origine depuis avril de l’année dernière, dont près de 3 millions ont traversé la frontière vers les pays voisins. En outre, près de 600 000 personnes ont été touchées par les fortes pluies et les inondations cet été.
En réponse à Guterres, l’ambassadeur soudanais à l’ONU, Al-Harith Idriss, a imputé les violences aux FSR, à ses alliés politiques et à ses partisans régionaux, les accusant de violer le droit international et d’entraver l’aide humanitaire. Il a souligné les récits de civils cherchant refuge auprès des SAF et combattant même à leurs côtés en légitime défense.
L’ambassadeur a réaffirmé l’engagement du Soudan en faveur de la protection des civils et a présenté une stratégie axée sur l’engagement politique, la responsabilité, le soutien aux processus de paix, le respect du droit humanitaire international et la facilitation de l’accès humanitaire.
António Guterres a exhorté le Conseil de sécurité à soutenir de nouvelles approches visant à réduire la violence et à protéger les civils au Soudan, en s’adaptant aux circonstances difficiles du conflit. Il a souligné la nécessité d’un accès sûr et sans entrave à l’aide humanitaire et a appelé les parties belligérantes à respecter leurs engagements de protéger les civils et à engager des négociations.
L’ambassadeur Idriss a appelé à s’éloigner du récit dominant d’un conflit entre deux factions soudanaises. Il a plutôt souligné la nécessité de reconnaître la guerre en cours comme un cas d’agression extérieure alimentée par des acteurs régionaux.
Il a déclaré : « Le Soudan est confronté à une agression soutenue par des acteurs régionaux et internationaux. Encadrer la situation uniquement dans le contexte d’un conflit entre deux parties internes est une interprétation erronée qui fera obstacle à toute voie de résolution. »
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