La Cour constitutionnelle de Zambie a statué mardi que l’ancien président Edgar Lungu n’était pas éligible pour un nouveau mandat après que l’homme politique annoncé son retour à la politique active l’année dernière.
Le plus haute juridiction du pays a jugé que le premier mandat de Lungu, qu’il a exercé de 2015 à 2016 après le décès du président de l’époque, Michael Sata, était considéré comme un mandat complet.
Son deuxième mandat s’est déroulé de septembre 2016 à août 2021, puis il a perdu la présidence face au candidat du Parti uni pour le développement national Hakainde Hichilema aux élections nationales de 2021.
« Le premier défendeur, M. Edgar Chagwa Lungu, a donc été élu deux fois et a exercé deux mandats », indique l’arrêt à propos du membre du parti Front patriotique (PF).
« La constitution rend le premier répondant inéligible à participer à de futures élections en tant que candidat à la présidentielle ».
Lors du service commémoratif de Sata en octobre 2023, Lungu a déclaré qu’il sortirait de sa retraite.
Le retour de Lungu fait suite à l’arrestation de plusieurs membres de sa famille, dont son épouse, sur la base d’allégations de possession de produits du crime.
Il y avait une forte présence policière à l’extérieur de la salle d’audience, à laquelle Lungu n’a pas assisté.
« Nous étudions la question. Mais nous sommes gravement préoccupés par la décision et le jugement de la Cour », a déclaré le porte-parole du PF, Emmanuel Mwamba.
La décision de justice concernant l’éligibilité de l’ancien président Edgar Lungu aux élections présidentielles zambiennes de 2026 a suscité une importante controverse à travers le pays. La Cour constitutionnelle (ConCourt) a confirmé l’éligibilité de Lungu aux élections de 2021, mais lui a désormais interdit de se présenter en 2026, ce qui a suscité des accusations d’incohérence et de désillusion parmi de nombreux Zambiens. Cette décision a déclenché un débat houleux sur l’indépendance judiciaire, la clarté de la Constitution et le précédent inquiétant qu’elle crée pour le pays.
Alors que la Cour visait à s’attaquer à une question constitutionnelle cruciale, sa décision a suscité plus de questions que de réponses. Si Lungu a été jugé éligible en 2021 après avoir accompli deux mandats, comment la même Constitution peut-elle désormais le considérer comme inéligible pour 2026 ? Les critiques affirment que cette décision était stratégiquement conçue pour empêcher l’invalidation des élections générales de 2021. Le déclarer inéligible pour 2021 aurait pu conduire à une crise constitutionnelle, annulant potentiellement les résultats des élections et plongeant le pays dans la tourmente avec des demandes de nouvelles élections.