Le gouvernement congolais a rejeté samedi la nomination par le Kenya d’un consul général à Goma, ville en proie au conflit, invoquant ce qu’il qualifie de violation du droit international et d’absence de procédure diplomatique appropriée.
Goma, située dans l’est du Congo, est au cœur d’un conflit entre le gouvernement congolais et le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, qui a lancé une offensive éclair contre cette ville régionale riche en minerais en janvier. La ville est tombée aux mains du groupe rebelle après plusieurs jours de combats, et l’armée congolaise s’est retirée.
Le ministère congolais des Affaires étrangères a déclaré samedi dans un communiqué que le Kenya n’avait pas contacté le gouvernement congolais à Kinshasa, la capitale, avant de faire cette annonce, comme l’exigent le droit international et les pratiques diplomatiques.
Le M23, l’un des quelque cent groupes qui combattent dans l’est du Congo, a tenté d’établir un gouvernement parallèle dans la région, affirmant ainsi libérer la région de ce qu’il considère comme une mauvaise gestion de Kinshasa.
Le M23 a été accusé d’abus généralisés et le gouvernement congolais a fait valoir que la manière dont le Kenya a nommé le diplomate dans la ville occupée de Goma sans en informer le gouvernement congolais pourrait sembler légitimer l’occupation du groupe rebelle.
L’annonce du Kenya a été faite vendredi dans le cadre d’une série de nominations diplomatiques.
Le ministère congolais des Affaires étrangères a appelé à la « prudence et au discernement dans les communications publiques afin d’éviter tout malentendu, toute spéculation ou toute apparence de légitimation de l’occupation illégale en cours ».
