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Financement libyen : Claude Guéant conteste la version de Nicolas Sarkozy en appel

Nouveau rebondissement dans le procès en appel des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. Dans une lettre adressée à la cour d’appel et datée du 26 avril, Claude Guéant réfute plusieurs déclarations faites par Nicolas Sarkozy lors de son interrogatoire du 14 avril.

Révélé par plusieurs médias français, ce courrier marque une prise de distance nette de l’ancien bras droit de l’ex-chef de l’État. « Nicolas Sarkozy se trompe », écrit-il, contestant notamment la chronologie de leur relation. Contrairement aux affirmations de l’ancien président, Guéant assure qu’ils se connaissaient avant 2002.

L’ancien ministre de l’Intérieur revient également sur un épisode sensible du dossier : un dîner organisé le 25 juillet 2007 à Tripoli, en présence de l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Selon lui, Nicolas Sarkozy lui aurait alors demandé d’examiner la question du mandat d’arrêt visant Abdallah Senoussi. Une version catégoriquement démentie par l’ancien chef de l’État.

Absent à l’audience pour raisons de santé, Claude Guéant avait déjà transmis une première attestation versée au dossier, perçue comme un tournant dans la procédure. Cette nouvelle lettre vient consolider sa position, tout en accentuant les divergences au sommet de l’ancien exécutif.

Du côté de la défense de Nicolas Sarkozy, le silence reste de mise. Ses avocats ont refusé de commenter ces éléments, rappelant que « l’audience se déroule devant la cour, pas dans les médias ».

L’ancien président doit être de nouveau interrogé le 29 avril, une échéance importante dans ce procès en appel ouvert le 16 mars et prévu jusqu’au 3 juin 2026.

Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme dans cette affaire, Nicolas Sarkozy avait été incarcéré pendant une vingtaine de jours, une situation rare pour un ancien chef d’État au sein de l’Union européenne. Devant la cour d’appel, il conteste l’ensemble des accusations et réfute toute implication dans une « association de malfaiteurs », espérant obtenir l’annulation de sa condamnation.

Prudence AGBALETI

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