Le Mali a franchi une nouvelle étape de son programme DDR-I avec l’incorporation de 254 ex-combattants dans les FAMa. Cette promotion, issue de groupes dogons, dozos et peuls, ne représente toutefois qu’une fraction de l’objectif national fixé à 2 000 recrues.
Le Centre d’Instruction Mixte de Soufouroulaye a accueilli, le 4 août 2026, la cérémonie de sortie de 254 recrues issues du processus DDR-I. Ces anciens combattants intègrent désormais les Forces armées maliennes avec le grade de soldat de deuxième classe.
La promotion compte 87 anciens membres de Dan Na Ambassagou, une milice d’autodéfense dogon, ainsi que 30 chasseurs traditionnels dozos et 137 recrues issues de mouvements peuls. Ces nouveaux soldats viennent principalement des régions de Ségou, Mopti et Bandiagara, au centre du pays.
Le soldat Moussa Traoré s’est distingué comme major de sa promotion. Le lieutenant-colonel Yacouba Keïta, directeur du centre, a exhorté les recrues à faire preuve de discipline, de courage et de loyauté envers la Nation.
Cette incorporation ne couvre qu’environ 12,7 % de l’objectif fixé par les autorités maliennes. Le programme prévoit à terme l’intégration de 2 000 ex-combattants dans les forces de défense, en plus d’un volet de réinsertion socio-économique pour 1 000 autres bénéficiaires, dont d’anciens membres du Mécanisme opérationnel de coordination jugés inaptes au service militaire.
Le DDR-I a été officiellement lancé le 11 février 2025, dans la continuité des recommandations issues du Dialogue inter-Maliens. Il constitue le premier programme de ce type entièrement piloté par les institutions maliennes depuis le retrait de la Minusma et la dénonciation de l’Accord d’Alger. Deux commissions nationales, l’une chargée du désarmement et de la réinsertion, l’autre de l’intégration, supervisent sa mise en œuvre.
Des organisations de défense des droits humains rappellent que plusieurs groupes armés impliqués dans le conflit ont été accusés de graves violations par le passé. Elles appellent à un contrôle rigoureux des antécédents des candidats pour ne pas compromettre d’éventuelles procédures judiciaires.
Les autorités n’ont pas communiqué les résultats des vérifications menées sur les 254 recrues. Le nombre d’armes remises, les affectations futures et le calendrier d’intégration des 1 746 combattants restants n’ont pas non plus été précisés.
Prudence AGBALETI