Réuni à Bamako pour dresser le bilan de cinq années de Transition, le gouvernement malien met en avant ses réformes et ses performances économiques. Les autorités reconnaissent toutefois que les attentes restent fortes en matière d’emploi, d’énergie, de sécurité et de conditions de vie.
Le gouvernement malien a achevé, jeudi à Bamako, plusieurs semaines de concertations consacrées au bilan des cinq années de Transition. Les échanges ont réuni des représentants de l’État, des collectivités territoriales, des organisations professionnelles et de la société civile.
Lors de la cérémonie de clôture, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a présenté cette période comme une étape de restauration de l’autorité de l’État et du renforcement de la souveraineté nationale. Il a également fixé comme priorités l’industrialisation, la transformation locale des matières premières et l’amélioration des infrastructures publiques.
Les autorités affirment avoir recueilli les préoccupations des populations concernant la sécurité, l’accès à l’électricité, l’eau potable, le coût de la vie et l’emploi des jeunes. Ces attentes devront désormais orienter les prochaines politiques publiques.
Plus de 760 milliards FCFA revendiqués dans le secteur minier
Le gouvernement présente la réforme du secteur minier comme l’un des principaux résultats économiques de la Transition. Il indique avoir récupéré plus de 760 milliards de FCFA grâce aux audits, aux redressements fiscaux et à la renégociation de conventions minières.
Les autorités précisent également que le Fonds minier de développement local a redistribué 18,4 milliards de FCFA à 819 communes durant l’année 2026. Ces financements concernent principalement des projets d’eau, de santé et d’éducation.
Toutefois, le détail des montants versés par entreprise ainsi que l’état d’avancement des projets financés n’ont pas encore été publiés. Cette absence de données détaillées limite l’évaluation indépendante des résultats annoncés.
Selon la Banque mondiale, l’économie malienne devrait enregistrer une croissance proche de 5 % en 2026, soutenue par les secteurs minier, agricole et des télécommunications. L’institution rappelle néanmoins que l’insécurité, les difficultés d’approvisionnement énergétique, les perturbations commerciales et les chocs climatiques demeurent des risques majeurs.
Des attentes sociales toujours importantes
Malgré les avancées revendiquées par les autorités, les difficultés quotidiennes continuent de peser sur une partie importante de la population. Les coupures d’électricité, la hausse du coût de la vie et les inégalités d’accès aux services publics restent régulièrement dénoncées.
La situation humanitaire demeure également préoccupante, avec plusieurs millions de personnes nécessitant une assistance selon les agences des Nations unies. Les déplacements internes et les défis sécuritaires continuent de fragiliser les conditions de vie dans plusieurs régions du pays.
À l’issue de ces rencontres, le gouvernement ouvre une nouvelle phase de son action. La concrétisation des engagements annoncés sera désormais observée à travers des résultats mesurables dans les domaines de l’emploi, de l’énergie, de la sécurité et du développement local.
Prudence AGBALETI