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Maroc : la campagne pour les législatives s’ouvre sur fond de rupture RNI-PAM

La campagne pour les élections législatives marocaines du 23 septembre s’est ouverte jeudi 10 septembre. Près de 16 millions d’électeurs éliront les 395 membres de la Chambre des représentants, dans un contexte de rivalité ouverte entre les partis de la coalition sortante.

Pour les législatives marocaines du 23 septembre 2026, la campagne s’est ouverte jeudi 10 septembre. Elle se poursuivra jusqu’au 22 septembre. Près de 16 millions d’électeurs sont appelés à élire les 395 membres de la Chambre des représentants, pour un mandat de cinq ans. Les femmes représentent 46 % des inscrits sur les listes électorales.

Cette campagne est encadrée par la loi organique 53.25. Ce texte fixe des règles précises sur l’affichage et les meetings. Il prévoit aussi des sanctions pénales en cas d’infraction, y compris via les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle. Vingt-sept partis politiques ont été officiellement associés au dispositif de campagne audiovisuelle.

Trois partis dominaient la coalition gouvernementale sortante. En 2021, le Rassemblement national des indépendants (RNI) avait remporté 102 sièges. Le Parti authenticité et modernité (PAM) en avait obtenu 87, et le Parti de l’Istiqlal (PI) 81. Ces trois formations abordent le scrutin de 2026 avec des stratégies désormais distinctes, après une législature marquée par des tensions croissantes entre elles.

Le RNI, dirigé par le Premier ministre Aziz Akhannouch, veut conserver la première place acquise en 2021. Il vise un second mandat à la tête du gouvernement, malgré le retrait surprise d’Akhannouch de la présidence du parti début 2026. Le PAM, fondé en 2008, s’est récemment renforcé avec l’adhésion de Faouzi Lekjaa, ministre chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football.

La relation entre le RNI et le PAM s’est fortement dégradée ces dernières semaines. Le président sortant de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, issu du RNI, a accusé le PAM de débauchage de candidats. En réplique, Fouzi Lekjaa a critiqué l’action du chef du gouvernement, notamment une subvention de près de 13 milliards de dirhams accordée en 2025 aux importateurs de moutons de l’Aïd.

L’Istiqlal, formation historique solidement implantée dans les territoires, vise lui aussi la première place. Son secrétaire général, Nizar Baraka, cherche à se démarquer de ses deux partenaires. Il ne prend pas ouvertement position dans la rupture RNI-PAM, tout en évoquant des conflits d’intérêts.

Dans l’opposition, le Parti de la justice et du développement (PJD) espère profiter de ces tensions. Dirigé par l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, il fait de la lutte contre la corruption l’un des axes centraux de sa campagne. Le parti cherche à rebondir après sa lourde défaite lors du scrutin de 2021.

Avant même l’ouverture officielle de la campagne, les partis avaient multiplié les promesses. Certaines de ces promesses reprennent des engagements déjà formulés en 2021, comme la création d’un million d’emplois portée par le RNI. La similitude des propositions désoriente une partie des électeurs.

Pour ce scrutin, la Commission spéciale d’accréditation des observateurs a retenu 26 associations non gouvernementales et institutions nationales. Elle a également accrédité 30 instances et organisations internationales, pour un total de 3 006 observateurs. Le futur chef du gouvernement sera issu du parti arrivé en tête, et sera chargé par le roi Mohammed VI de former un exécutif pour cinq ans.

Prudence AGBALETI

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