Le groupe des BRICS a adopté à l’unanimité une déclaration commune appelant au calme au Moyen-Orient et soulignant la nécessité de coopérer pour garantir la fluidité du commerce mondial, des chaînes d’approvisionnement et de l’approvisionnement énergétique.
Le sommet a débuté samedi à New Delhi, sous la présidence du Premier ministre indien Narendra Modi. Le président chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine et le président iranien Masoud Pezeshkian figurent parmi les participants à cette réunion de deux jours.
La déclaration de samedi a fait part d’une « profonde inquiétude face à l’escalade continue des tensions » au Moyen-Orient, appelant à une « retenue maximale » et mettant en garde contre les attaques délibérées visant les infrastructures civiles et, en particulier, les installations nucléaires.
Elle a réaffirmé la position du bloc sur la Palestine, exprimant une « ferme opposition » au déplacement forcé des Palestiniens ainsi qu’à toute modification de la géographie ou de la démographie des territoires occupés.
Le texte appelle également à mettre fin à la violence israélienne à Gaza, à soutenir l’UNRWA et à accorder à la Palestine le statut de membre à part entière des Nations unies.
L’élargissement des canaux de paiement transfrontaliers non occidentaux, la coopération en matière d’intelligence artificielle ainsi que l’opposition aux sanctions et aux droits de douane unilatéraux figurent aussi parmi les sujets abordés dans cette vaste déclaration.
Le président chinois Xi, qui est arrivé à New Delhi samedi matin, a déclaré que les combats au Moyen-Orient ne servaient pas les intérêts du monde. « Alors que la situation au Moyen-Orient et dans la région du Golfe continue d’évoluer, la guerre qui s’y déroule a causé de lourdes pertes aux populations de toute la région », a déclaré Xi, cité par l’agence de presse chinoise Chine nouvelle (Xinhua).
Les dirigeants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ainsi que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, sont également présents au sommet en Inde.
Lors d’une séance à huis clos, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé à préserver « la stabilité et la liberté de la navigation internationale ».
« Les développements actuels au Moyen-Orient et leurs répercussions négatives sur l’économie mondiale, les échanges commerciaux, les flux énergétiques et les chaînes d’approvisionnement confirment le lien étroit entre sécurité et développement », a-t-il déclaré.
Divisions majeures
L’Iran et les Émirats arabes unis, tous deux membres du groupe, se trouvent dans des camps opposés dans le cadre de la guerre menée contre l’Iran par les États-Unis et Israël.
Lors du sommet de l’année dernière, le bloc avait publié une déclaration commune condamnant la campagne de bombardements de douze jours menée par les États-Unis et Israël contre les dirigeants et le programme nucléaire iraniens. Toutefois, une réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS, tenue en mai dernier, s’est achevée sans déclaration commune sur ce conflit.
Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du bloc se sont opposés aux droits de douane et aux mesures non tarifaires qui, selon eux, faussent les échanges et contreviennent aux règles de l’OMC.
Les États-Unis ont imposé des droits de douane à plusieurs membres des BRICS sous divers prétextes, conditionnant souvent leur levée à des changements de politique de la part du pays visé. Le président Donald Trump a qualifié le bloc d’« anti-américain » et a menacé d’imposer des droits de douane punitifs aux pays qui s’alignent sur lui.