A LA UNE Politique RDC

RDC : après un mort, la C64 hausse le ton face à Tshisekedi

La C64 a publié, jeudi, une déclaration accusant le pouvoir d’avoir prémédité les violences lors de sa marche du 15 septembre. Elle fait état d’un mort et annonce des mesures de « légitime défense » pour ses prochains rassemblements.

La coalition d’opposition C64 a publié, jeudi 17 septembre 2026, une déclaration commune sur les violences survenues lors de sa marche du 15 septembre. Cette mobilisation contre le projet de changement de la Constitution s’était tenue à Kinshasa, mais aussi dans une douzaine d’autres villes du pays, dont Lubumbashi, Matadi, Kananga, Kisangani et Kolwezi.

Le document est signé par les principaux dirigeants de la coalition : Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata et Delly Sesanga. La C64 y affirme qu’un cadre du parti ADDCONGO, Manassé Lomboto Bomengola, a été tué pendant la manifestation à Kinshasa. Elle attribue sa mort à des membres de la « Force du progrès », une structure qu’elle présente comme une milice liée au parti présidentiel UDPS. La coalition fait aussi état de plusieurs blessés graves, sans fournir de bilan chiffré.

« La C64 met en cause la responsabilité politique et pénale de M. Tshisekedi et de son régime dans la planification de l’élimination des opposants en raison de leurs opinions », a déclaré Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général du parti Ensemble pour la République.

Face à cette situation, la coalition annonce la mise en place de mesures qu’elle qualifie de « légitime défense » pour ses prochains rassemblements. Elle réaffirme son opposition à toute modification constitutionnelle. « En 2028, l’alternance au pouvoir doit être respectée conformément à la Constitution », conclut le communiqué.

La C64 déplore également ce qu’elle considère comme une inertie de la communauté internationale. « La C64 déplore également l’indulgence dont font preuve les gouvernements des pays partenaires, tels que les États-Unis et les États membres de l’Union européenne », a souligné Dieudonné Bolengetenge. Il vise notamment leur silence face à ce que la coalition qualifie de « barbarie » infligée à la population congolaise.

Le gouvernement congolais conteste ces accusations. Son porte-parole a dénoncé « le mensonge et la manipulation » de la part de l’opposition, et l’a appelée à rejoindre le dialogue national. Martin Fayulu a, de son côté, dénoncé les « mensonges » du gouverneur de Kinshasa sur le déroulement de la marche et réclamé sa démission.

Cette mobilisation n’est pas un cas isolé. Human Rights Watch avait déjà documenté la répression d’un sit-in organisé par l’opposition le 12 juin dernier. Les partis d’opposition ont uni leurs forces ces derniers mois pour s’opposer à la tentative de Félix Tshisekedi de modifier la Constitution afin de pouvoir briguer un troisième mandat.

Prudence AGBALETI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X