Une juridiction anticorruption a condamné mercredi à sept ans de prison Mohamed Lamine Bangoura, ex-président de la Cour constitutionnelle. Ses biens en Guinée et au Sénégal sont confisqués, et deux coaccusés en fuite écopent de dix ans.
La Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief) a rendu son verdict mercredi 21 octobre à Conakry. Cette juridiction anticorruption a été créée par les militaires arrivés au pouvoir après le coup d’État de septembre 2021. Mohamed Lamine Bangoura écope de sept ans de prison ferme et de deux milliards de francs guinéens d’amende.
Il est reconnu coupable de corruption, d’enrichissement illicite, de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux. La cour l’a en revanche relaxé des faits de faux et usage de faux, selon Guinée7. Il est aussi inéligible pendant cinq ans, et ses biens en Guinée et au Sénégal sont confisqués.
Les faits concernent la subvention annuelle de la Cour constitutionnelle, estimée à environ 20 milliards de francs guinéens. Le parquet avait requis dix ans de prison et 50 milliards de francs guinéens d’amende. La peine prononcée est donc inférieure aux réquisitions, notamment sur l’amende, ramenée de 50 à 2 milliards. Il est détenu depuis le 15 décembre 2022, soit près de quatre ans, selon la presse guinéenne.
Deux coaccusés, en fuite, sont condamnés chacun à dix ans de prison et à cinq milliards de francs guinéens d’amende. Des mandats d’arrêt sont lancés contre eux, et une troisième accusée est décédée, ce qui éteint l’action publique. Les trois condamnés doivent verser solidairement 41 milliards de francs guinéens à l’État, soit environ 4,1 millions d’euros, selon RT.
Il figure parmi quelque 180 hauts cadres du régime d’Alpha Condé visés par la Crief depuis novembre 2022. Alpha Condé a dirigé la Guinée de 2010 à 2021, avant d’être renversé par les militaires de Mamady Doumbouya. Selon Africanews, l’opposition dénonce une instrumentalisation de la justice et une restriction des libertés sous le pouvoir actuel.
Selon Africanews, il conteste les accusations, mais ses arguments de défense n’apparaissent pas dans les sources consultées. Un recours reste possible, mais aucune source consultée n’indique si la défense ou le parquet ont fait appel.
Prudence AGBALETI