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Tanzanie : en prison, l’opposant Tindu Lissu va entamer une grève de la faim pour protester contre le refus d’accès à son avocat

Tindu Lissu, figure de l’opposition tanzanienne actuellement incarcérée, entamera une grève de la faim lundi pour protester contre le refus, selon lui, des autorités pénitentiaires de l’autoriser à s’entretenir en privé avec ses avocats, comme l’a ordonné le tribunal. L’information a été communiquée samedi par son avocat.

Tindu Lissu, qui a survécu à une tentative d’assassinat en 2017 au cours de laquelle il a reçu 16 balles, est accusé de trahison, un chef d’accusation passible de la peine de mort. Le dirigeant du Chadema, principal parti d’opposition tanzanien, est en détention depuis plus de 18 mois. Le verdict est attendu pour le 6 novembre.

Son avocat, Rugemeleza Nshala, a rapporté que Tundu Lissu lui avait fait part de son intention d’entamer cette grève lors d’un entretien en prison. S’exprimant devant des journalistes à Dar es Salaam, Me Nshala a précisé avoir mis en garde son client quant aux conséquences pour sa santé, Tundu Lissu devant suivre un traitement médical.

Selon Me Nshala, Tundu Lissu est prêt à interrompre la prise de ses médicaments.

« Je suis prêt à en assumer les conséquences, mais je me battrai pour l’État de droit », a rapporté Nshala, citant ses propos.

Selon Nshala, les autorités ont refusé des entretiens privés, en dépit d’une décision de justice, et ont, à certaines occasions, totalement empêché tout accès à Lissu.

Lissu s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles les décisions de justice le maintenant en détention étaient appliquées, alors qu’une ordonnance garantissant son accès à ses avocats était, semble-t-il, ignorée, a précisé Nshala.

L’administration pénitentiaire, la police et le gouvernement n’ont fait aucune déclaration publique concernant la grève de la faim envisagée.

Lissu a été arrêté le 9 avril 2025, après avoir pris la parole lors d’un rassemblement réclamant des réformes électorales en vue des élections générales de cette même année. Il a été inculpé de trahison le lendemain.

Depuis la tentative d’assassinat dont il a été victime, il a connu plusieurs périodes d’exil, invoquant des menaces pesant sur sa vie. En mai 2025, il a entamé une grève de la faim pour protester contre l’obligation qui lui était faite de comparaître devant le tribunal à distance, plutôt qu’en personne.

Les candidats à l’élection présidentielle issus des deux principaux partis d’opposition tanzaniens ont été empêchés de participer au scrutin d’octobre 2025, ce qui a déclenché des manifestations et des violences meurtrières.

Une enquête sur les violences électorales a révélé, en avril, qu’au moins 518 personnes avaient trouvé la mort. Mohamed Chande Othman, qui a dirigé cette enquête, a indiqué que le bilan réel était probablement plus élevé, certaines familles ayant enterré leurs proches sans passer par la morgue.

Les Nations unies avaient précédemment réclamé l’ouverture d’une enquête sur ces meurtres, ainsi que sur des informations faisant état du retrait, par la police, de corps depuis des morgues vers des lieux tenus secrets. Le parti Chadema a évalué le nombre de victimes à environ 2 000 ; un chiffre que l’ONU a déclaré ne pas pouvoir confirmer, compte tenu du climat d’insécurité et de la coupure d’Internet survenue durant la période électorale.

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