Mohamed Ishaq Kindo, imam sunnite, a été libéré au Burkina Faso après plus de cinq mois de détention. Il serait toutefois isolé dans un lieu de repos, sans visites, photos ni prises de parole publiques. Ces informations viennent de sources de la communauté sunnite citées par RFI, sans confirmation officielle.
Le prédicateur sunnite Mohamed Ishaq Kindo a été libéré au Burkina Faso après plus de cinq mois de détention. Plusieurs sources de la communauté sunnite l’ont indiqué à RFI, dont les propos sont rapportés lundi 2 novembre 2026. Ses prises de parole publiques, ses photos et les visites lui seraient interdites, selon un membre de la communauté.
L’imam se trouverait à l’isolement dans un lieu de repos, afin d’éviter un rassemblement devant son domicile. Un membre de la communauté qui dit l’avoir vu assure qu’il se porte bien, malgré une perte de poids. Ce même témoin compare les restrictions imposées au prédicateur à une forme de résidence surveillée.
Les autorités n’ont pas précisé officiellement les modalités de sa libération, ni les raisons de son arrestation.
Le prédicateur a été arrêté le 26 mai à Ouagadougou, deux jours après avoir critiqué un projet de loi. Ce texte, adopté en Conseil des ministres le 19 mars, encadre l’exercice des libertés religieuses et des pratiques cultuelles. Le gouvernement affirme qu’il vise à garantir les droits des citoyens et à protéger la société des dérives religieuses. Longtemps proche des autorités de transition, l’imam les avait soutenues avant de dénoncer ce texte.
Son interpellation a déclenché des manifestations de fidèles à Ouagadougou, dispersées par les forces de l’ordre au gaz lacrymogène. Le 28 mai, le gouverneur a fermé la grande mosquée sunnite pour risques de troubles à l’ordre public. Elle demeurait fermée début octobre, selon l’ONG Media Foundation for West Africa, et le serait toujours lundi, selon RFI.
Environ 80 partisans de l’imam, arrêtés fin mai, ont été libérés le 4 octobre, selon RFI. L’AFP et l’ONG MFWA évoquent plutôt une centaine de personnes, détenues pendant plus de quatre mois. Ces partisans avaient suivi une « formation civique et citoyenne » dans un camp, rasés et en tenue militaire ou policière. L’imam, lui, était resté détenu, sans que les autorités divulguent le lieu ni la base légale de sa détention.