Six (6) mois après l’enlèvement de l’avocat Mountaga Tall au Mali, ni lui ni son fils n’ont réapparu. Amnesty International et Human Rights Watch exigent des autorités maliennes une preuve de vie et le lieu de détention.
Mountaga Tall, avocat et ancien ministre, a été enlevé chez lui dans la nuit du 2 au 3 mai. Des hommes cagoulés de la Sécurité d’État l’ont emmené, selon RFI, mais les autorités n’ont jamais reconnu cette arrestation. Son fils aîné, Cheick Mamadou Tall, a disparu le 16 mai après un appel lui demandant d’apporter des effets.
Amnesty International a publié mardi 3 novembre un communiqué réclamant de révéler leur sort et leur lieu de détention. L’ONG demande une preuve de vie et un accès à leurs familles, avocats et soins médicaux nécessaires. Ni Mountaga Tall ni son fils n’ont été formellement inculpés ni présentés à un juge depuis mai, selon Amnesty.
Human Rights Watch évoque des services de renseignement qui détiendraient Tall dans un lieu secret, selon des médias internationaux. Les autorités n’ont ni reconnu la détention, ni fourni d’information sur la santé ou la situation judiciaire des deux hommes.
Les avocats de la famille ont saisi la justice malienne et le Comité des disparitions forcées de l’ONU. En juillet, ce comité a demandé à Bamako de rechercher, localiser et protéger les deux hommes. Le bâtonnier du Mali, la Conférence internationale des barreaux et la Commission africaine ont interpellé Bamako, sans réponse officielle.
Âgé de 69 ans, Mountaga Tall fut ministre de 2014 à 2017 et acteur de la démocratisation des années 1990. Il dirigeait le CNID, un parti dissous en 2025 avec toutes les formations politiques maliennes, selon Africanews. Proche des militaires au départ, il s’était ensuite opposé à la dissolution des partis, selon Human Rights Watch.
Trois militants enlevés début mai et un quatrième arrêté le 23 mai ont réapparu le 20 octobre devant un juge. Youssouf Daba Diawara, Aboubacar Soumaré, Moussa Abba Djiré et Ibrahima Tamega sont depuis écroués à Bamako. Ils sont poursuivis pour atteinte au crédit de l’État, association de malfaiteurs et tentative de déstabilisation, selon la presse malienne. Tamega avait été arrêté le 23 mai dans une enquête sur des graffitis hostiles à la Russie, selon RFI.
Ces cas s’inscrivent dans une répression de l’opposition et des médias sous la junte, au pouvoir depuis 2021, selon HRW. Aucune réaction des autorités maliennes aux appels des ONG n’a été relevée dans les sources consultées.