Les États-Unis annoncent vouloir exclure l’Afrique du Sud et le Rwanda de l’AGOA à partir du 1er janvier 2027. Pretoria regrette que Washington soulève de nouvelles questions malgré ses concessions, et dispose de 60 jours pour réagir.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a annoncé lundi 2 novembre vouloir exclure Pretoria et Kigali de l’AGOA. L’AGOA est un programme américain qui donne aux pays éligibles d’Afrique subsaharienne un accès préférentiel au marché américain. Il a été reconduit jusqu’à fin 2028, avec un examen annuel de l’éligibilité des pays, selon eNCA. Le président Donald Trump a notifié lundi le Congrès et Pretoria de son intention de mettre fin aux avantages sud-africains. Cette exclusion prendrait effet le 1er janvier 2027, après un préavis de 60 jours, selon allAfrica.
Washington invoque des obstacles au commerce et à l’investissement américains, la corruption, et des menaces pour sa sécurité nationale. Parks Tau, ministre du Commerce, juge regrettable que Washington soulève de nouvelles questions absentes des négociations de 2025. Il affirme que son pays a répondu de façon constructive aux préoccupations américaines et proposé des concessions commerciales supplémentaires. La semaine dernière, il se disait confiant dans une réponse favorable de Washington, selon le Mail & Guardian. Washington n’a pas répondu publiquement à l’accusation de nouvelles exigences, selon le Mail & Guardian.
Tau relativise : l’AGOA couvrait 10 % des exportations vers les États-Unis en 2025, contre 28 % en 2024. Il pèse environ 1 % de l’ensemble des exportations mondiales du pays, selon le ministre. Le gouvernement prépare un soutien aux entreprises et travailleurs touchés, et accélère la diversification de ses marchés d’exportation. Le syndicat Solidarity affirme que le gouvernement avait ignoré les avertissements sur les risques pour l’AGOA, selon allAfrica.
Les relations se sont dégradées, notamment après la plainte sud-africaine contre Israël devant la Cour internationale de justice. Donald Trump a aussi accusé à tort Pretoria de persécuter la minorité blanche, ce que le pays rejette. Washington applique depuis août 2025 des droits de douane de 30 % sur les importations sud-africaines, selon Reuters. L’Afrique du Sud est le premier bénéficiaire du programme, mais l’industrie automobile devrait être peu touchée, selon Daily Maverick.