Raymond Ndong Sima, l’un des principaux opposants au pouvoir d’Ali Bongo a été nommé, ce jeudi 7 septembre, Premier ministre de la transition avec effet immédiat. Le décret de sa nomination a été lu à la télévision nationale par le colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, porte-parole du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Raymond Ndong Sima a déjà été Premier ministre sous Ali Bongo de 2012 à 2014, avant de s’éloigner du pouvoir.
Une proposition de gouvernement d’ici quelques jours
Quelques minutes après l’annonce de sa nomination, Raymond Ndong Sima a dit à l’AFP espérer soumettre au général Oligui «d’ici trois à quatre jours une proposition» de gouvernement de transition.
«On m’a remis une feuille de route, et je vais essayer de travailler dans le sens de ce que les militaires ont décidé» pour «qu’on remette en ordre l’ensemble des institutions et notamment tout ce qui concerne le cadre des élections», a-t-il expliqué par téléphone.
«Je veux consulter largement» et «sans précipitation» pour «faire en sorte que les gens appartenant à toutes les familles politiques se retrouvent» dans le gouvernement, a-t-il conclu.
Le général Brice Oligui Nguema, qui a prêté serment lundi comme président de la transition, avait annoncé la désignation dans « quelques jours » d’un gouvernement de transition composé de « gens expérimentés » et de « personnes à la compétence avérée ».
Une expérience incontestable
Raymond Ndong Sima, 68 ans, avait été chef du gouvernement d’Ali Bongo de 2012 à 2014 mais s’était éloigné du pouvoir qu’il accusait depuis de mauvaise gouvernance, jusqu’à se présenter aux présidentielles de 2016 et 2023. Pour cette dernière, il s’était désisté au dernier moment au profit d’un candidat commun aux principaux mouvements et partis de l’opposition. Mais, comme par hasard, la veille de sa nomination, il avait annoncé la « fin de sa participation à la plateforme Alternance 2023 » :
« La situation au sein de la plateforme A23 est confuse depuis plusieurs jours. Le contexte de l’évolution du pays avec l’intervention des Forces de Défense et de Sécurité et la mise en place du CTRI est relativement délicate et n’a pas besoin d’initiatives susceptibles de conduire à une situation imprévisible. C’est pourquoi, afin de prévenir toute confusion ultérieure et par souci de clarté, j’ai décidé de mettre un terme à ma présence au sein de cette plateforme.
Cette décision est d’autant plus nécessaire que le candidat consensuel que nous avons désigné le 18 août au prix d’un renoncement dont le pays tout entier a pu être le témoin, est de moins en moins convaincu de l’apport des autres membres de cette plateforme à son succès et attribue désormais ce résultat à sa campagne éclair.
En tout état de cause, la plateforme avait été mise en place pour deux objectifs :
1) L’identification d’un candidat consensuel ;
2) L’adoption d’un programme de gouvernement.
Si le premier objectif a bien été atteint, ce n’est pas le cas du second. On comprend désormais mieux pourquoi.
Je reste disponible pour toute initiative, toute concertation susceptible de contribuer à une restauration inclusive des institutions et à la relance de notre économie. Pour le reste, je ne parle plus au nom de la plateforme A23 et nul n’est plus autorisé à parler en mon nom ».