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Au Soudan, la commission d’enquête décidée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU n’est pas la bienvenue

Le gouvernement militaire soudanais a refusé d’autoriser la formation d’une commission internationale d’enquête sur les violations des droits humains commises pendant la guerre, tandis que la coalition prodémocratie, Forces de liberté et de changement (FFC), a salué cette décision et a demandé que ces crimes soient déférés à la Cour pénale internationale (CPI).

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé le 11 octobre de créer une mission d’établissement des faits composée de trois membres pour enquêter sur les violations des droits humains commises par les parties belligérantes au Soudan depuis le début du conflit entre l’armée et les Forces de soutien rapide (RSF) paramilitaires à la mi-avril.

Dans un communiqué publié jeudi, le ministère soudanais des Affaires étrangères a émis des doutes sur le bien-fondé de cette décision. Il a noté que le gouvernement a créé sa propre commission chargée d’enquêter sur les crimes de guerre, les violations et les pratiques commises par les « milices terroristes de soutien rapide » dirigées par le procureur général. Le communiqué accuse également « la Grande-Bretagne et certains pays occidentaux » de tenter d’exploiter le Conseil à leurs propres fins, soulignant que les pays arabes, africains et islamiques se sont abstenus de voter en faveur de la résolution.

La position de Khartoum repose sur sa conviction que la décision cible injustement les forces armées soudanaises. Le gouvernement affirme que l’accent devrait être mis exclusivement sur les Forces de soutien rapide, car elles sont tenues pour responsables des crimes signalés. Le gouvernement affirme également que le fait d’assimiler l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide encourage ces dernières à poursuivre la guerre et à commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Les forces paramilitaires sont accusées de toute une série d’abus contre les civils à Khartoum, tels que le viol des femmes, le vol et l’occupation des maisons civiles. Au Darfour, ces forces paramilitaires et leurs milices alliées ont recommencé à tuer des civils selon leur appartenance ethnique et à commettre des viols, rappelant les crimes commis il y a vingt ans, qui avaient poussé le Conseil de sécurité des Nations Unies à déférer ces crimes à la CPI.

En outre, des accusations circulent selon lesquelles l’armée soudanaise tuerait des civils lorsqu’elle bombarde des sites des Forces de soutien rapide déployés dans des quartiers résidentiels. Les responsables de l’armée refusent de lui demander des comptes sur ces opérations en raison de l’absence d’intention criminelle lorsqu’elles se produisent.

De son côté, la FFC a salué la décision du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Elle considère qu’il s’agit d’une étape essentielle vers l’arrêt et la fin des violations liées à la guerre et vers l’indemnisation des victimes civiles.

La coalition prodémocratie a souligné « la nécessité de compléter ces enquêtes en soumettant toutes les accusations liées à ces violations à la CPI par l’intermédiaire du Conseil de sécurité de l’ONU ».

Le communiqué appelle les forces armées soudanaises et les forces de soutien rapide à coopérer pleinement avec la commission d’enquête de l’ONU et à remettre les coupables à la justice internationale sans tergiversations ni retards.

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