A LA UNE Politique REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Le président centrafricain décide de réviser la constitution en vue de pouvoir briguer un troisième mandat

Faustin-Archange Touadéra, le président de la République Centrafricaine, a annoncé mardi 30 mai son intention de soumettre une nouvelle Constitution au référendum. Ce texte lui permettrait de briguer un troisième mandat, pour le moment interdit par la loi fondamentale.

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a décidé de convoquer le corps électoral le 30 juillet 2023 en vue de soumettre au référendum le projet d’une nouvelle Constitution de la République centrafricaine (RCA), selon un décret signé ce mardi 30 mai 2023. 

D’après le décret, la campagne référendaire débutera le 15 juillet 2023 à 06H00 heure locale et prendra fin le 28 juillet 2023 à 24H00.

Le chef d’Etat a indiqué que le président de l’Autorité nationale des élections (ANE), organe en charge de l’organisation des élections dans le pays, avait été chargée de l’exécution des termes du présent décret, en collaboration avec le gouvernement centrafricain et conformément aux dispositions de la loi fixant les procédures du référendum et du code électoral de la RCA.

Faustin-Archange Touadéra assure avoir « observé scrupuleusement » la loi fondamentale de 2016 sur laquelle il a deux fois prêté serment. Toutefois, selon lui, la Constitution actuelle « comporte des dispositions qui pourraient compromettre le développement » du pays.

« C’est pourquoi dès la promulgation de cette Constitution, certains courants politiques centrafricaines ainsi qu’une majorité de nos populations l’ont trouvée insuffisante pour des motifs divers et variés, notamment en ce qu’elle ne propose pas de solutions appropriées aux causes des conflits militaro-politiques récurrents que connaît le pays. »

La Constitution, selon Faustin Archange Touadera, « elle n’affirme pas clairement la souveraineté de l’État ni l’indépendance nationale, ni le droit à l’autodétermination du peuple » ajoute-t-il, soulignant les mobilisations pro-référendum organisées ces derniers mois par des groupes proches du pouvoir. Une nouvelle manifestation était d’ailleurs annoncée pour mercredi 31 mai.

Selon lui, ce référendum entre dans le cadre de « la réforme profonde de l’État » qu’il avait promis lors de la campagne présidentielle de 2020, et va « promouvoir nos valeurs, permettre à notre jeune démocratie d’être plus dynamique » et « améliorer le fonctionnement régulier des institutions en mettant plus d’accent sur la transparence et la redevabilité ».

Faustin-Archange Touadéra a été élu en 2016 puis réélu en 2020 alors que moins d’un électeur sur trois a eu la possibilité d’aller aux urnes pour des raisons de sécurité. Il est accusé par l’opposition et la rébellion de vouloir, en se faisant réélire en 2025, rester « président à vie ».

La Rédaction

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X