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Poursuivi pour crime de génocide au Rwanda, Félicien Kabuga ne sera finalement pas jugé

Un tribunal de l’ONU basé à La Haye a déclaré mercredi 7 juin 2023 que Félicien Kabuga, poursuivi pour crime de génocide au Rwanda en 1994 et âgé de 88 ans, était inapte à être jugé et qu’il n’y aurait donc pas de procès.

Le tribunal a « conclu que Félicien Kabuga est inapte à participer de manière significative à son procès et qu’il est très peu probable qu’il retrouve sa forme physique à l’avenir », a déclaré dans un communiqué la juridiction, à la recherche d’une alternative « qui ressemble le plus possible à un procès, mais sans possibilité de condamnation ».

Les juges de l’ONU avaient déjà annoncé la suspension du procès en mars, le temps de décider si Félicien Kabuga était en assez bonne santé pour rester sur le banc des accusés.

Il plaide non coupable

Arrêté en 2020 près de Paris après 25 ans de cavale, Félicien Kabuga est notamment accusé d’avoir participé à la création des milices hutu Interahamwe, bras armé du pouvoir de Juvénal Habyarimana.

À l’ouverture du procès de Félicien Kabuga en septembre 2022, les procureurs l’ont accusé d’avoir joué un rôle clé dans le génocide, notamment en livrant des machettes en masse et en dirigeant la tristement célèbre Radio télévision libre des Mille collines (RTLM), qui a diffusé des appels au meurtre des Tutsi.

L’homme d’affaires a refusé de comparaître devant le tribunal ou à distance au début de son procès et y a ensuite pris part via visioconférence, en fauteuil roulant, depuis le quartier pénitentiaire des Nations unies à La Haye.

Il a plaidé non coupable des accusations selon lesquelles il avait été impliqué dans la direction de la station de radio RTLM ayant exhorté à tuer les tutsis lors du génocide de 1994 au Rwanda. 

Il a également nié avoir fourni des machettes ou d’avoir soutenu autrement les milices Interahamwe.

Longtemps recherché

Né à Byumba dans le nord-est du Rwanda, Félicien Kabuga a commencé en tant que petit commerçant ambulant, avant de devenir un homme d’affaires riche et influent, propriétaire de nombreuses plantations de thé dans sa région natale et aux alentours. Il était même considéré comme à la tête de la plus grande fortune du Rwanda.

Membre du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), le parti présidentiel, il décide de créer en 1994 avec d’autres hommes d’affaires le Fonds de défense nationale (FDN).

A la fin de la guerre en 1994, il est l’un des hommes les plus recherchés et par la justice internationale et par la justice rwandaise pour sa participation au génocide contre les tutsi au Rwanda. Le gouvernement américain met même sa tête à prix offrant 5 millions de dollars à quiconque fournirait des informations permettant son arrestation.

Il sera finalement arrêté en 2020 près de Paris en France et transféré à La Haye pour être jugé des crimes pour lesquels il était poursuivi.

La Rédaction

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