Des affrontements entre les forces armées congolaises et les membres d’une secte religieuse protestant contre les organisations occidentales opérant au Congo ont fait au moins 26 morts, a déclaré jeudi un responsable local.
Les violences ont éclaté tôt mercredi dans la ville orientale de Goma, où les partisans de Wazalendo se sont rassemblés pour une manifestation, interdite par le maire de la ville, contre la mission de maintien de la paix de l’ONU et d’autres organisations internationales qu’ils accusent d’exercer un pouvoir de type colonial.
Les manifestants ont accusé l’armée d’avoir tiré sans discernement à balles réelles sur les manifestants, tandis que l’armée congolaise a déclaré dans un communiqué que les manifestants avaient lapidé à mort un policier. L’armée a également indiqué que 160 personnes avaient été arrêtées.
Placide Nzilamba, vice-président de la société civile dans la région du Nord-Kivu où s’est déroulé le conflit, a déclaré jeudi qu’une enquête préliminaire indiquait que 26 civils avaient été tués et au moins 50 blessés dans les affrontements.
La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en RDC et Cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, a regretté, jeudi 31 août, la mort des civils survenue lors de ces manifestations.
Bintou Keita « regrette profondément que la manifestation interdite ait occasionné la mort de civils, de policiers et de membres des forces armées congolaises ainsi que plusieurs blessés », rapporte un communiqué de presse de la MONUSCO publié jeudi.
Le maire de Goma, Faustin Napenda Kapend, avait interdit la manifestation du 23 août, peu après son annonce. Les forces de sécurité et de défense congolaises s’étaient rassemblées aux principaux carrefours en prévision lorsque les violences ont éclaté vers 4 heures du matin mercredi.
La secte est dirigée par le chef religieux Ephraim Bisimwa, qui s’oppose aux organisations occidentales opérant dans la région, notamment à la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Congo, la MONUSCO.