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En Ethiopie, le remplissage d’un réservoir du barrage de la Renaissance agace l’Egypte

L’Éthiopie a annoncé dimanche avoir achevé la quatrième et dernière phase de remplissage d’un réservoir pour son projet de centrale hydroélectrique sur le Nil Bleu, un projet auquel l’Égypte et le Soudan s’opposent depuis longtemps.

La construction du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), d’un coût de 4 milliards de dollars, a commencé en 2011 et l’Éthiopie considère le projet comme crucial pour alimenter son développement économique.

L’Égypte et le Soudan considèrent cependant le projet comme une menace sérieuse pour leurs approvisionnements vitaux en eau.

« Félicitations à tous pour le quatrième remplissage du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne. Notre persévérance nationale contre toute attente a porté ses fruits », a écrit dimanche le Premier ministre Abiy Ahmed sur la plateforme de médias sociaux X.

Avec une capacité projetée de plus de 6 000 mégawatts, l’Éthiopie considère le GERD comme la pièce maîtresse de sa volonté de devenir le plus grand exportateur d’électricité d’Afrique.

L’Égypte et le Soudan soutiennent que des règles communes pour l’exploitation de Gerd doivent être convenues, craignant que l’Éthiopie, avide d’énergie, n’exacerbe leurs pénuries d’eau existantes.

Les négociations sur le projet ont repris le mois dernier, après avoir été suspendues en 2021.

Le Soudan, actuellement embourbé dans des combats entre armées rivales, n’a pas immédiatement réagi à l’annonce faite dimanche par le Premier ministre Abiy Ahmed.

Dans un communiqué publié sur Facebook, le ministère égyptien des Affaires étrangères a déclaré que le remplissage « unilatéral » du réservoir par l’Éthiopie violait une déclaration de principes signée par les trois pays en 2015, et a qualifié l’action éthiopienne d’«illégale».

« La déclaration de principes stipule la nécessité pour les trois pays de parvenir à un accord sur les règles de remplissage et d’exploitation du Gerd avant de commencer le processus de remplissage », indique le communiqué.

« Les mesures unilatérales de l’Éthiopie sont considérées comme un mépris des intérêts et des droits des pays en aval et de leur sécurité hydrique, telle que garantie par les principes du droit international. »

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