La deuxième phase du retrait des troupes de l’Union africaine de Somalie a commencé, a annoncé lundi l’Organisation panafricaine. Ce retrait fait suite au transfert de la sécurité aux autorités du pays, qui combattent la filiale d’Al-Qaida en Afrique de l’Est, les Shabab basés en Somalie.
L’année dernière, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé à l’unanimité une nouvelle mission de transition de l’Union africaine en Somalie, ATMIS, pour soutenir les Somaliens jusqu’à ce que leurs forces assument l’entière responsabilité de la sécurité du pays à la fin de 2024.
L’objectif est de retirer au moins 3 000 soldats supplémentaires d’ici la fin du mois, sur les 19 626 hommes initialement prévus par l’UA. Au cours de la première phase, quelque 2 000 soldats de l’UA provenant de divers États membres ont quitté la Somalie en juin, remettant six bases d’opérations avancées.
Dimanche, le contingent burundais a remis à l’armée nationale somalienne la base opérationnelle avancée de Biyo Adde, dans l’État de Hirshabelle, dans le centre-sud, près de la capitale Mogadiscio. Le commandant le lieutenant-colonel Philip Butoyi a salué les progrès réalisés par les forces somaliennes.
« Nous avons assisté à des développements sur le champ de bataille où les forces de sécurité somaliennes ont démontré leur capacité croissante à sécuriser le pays. Nous avons vu les forces attaquer, s’emparer et tenir le terrain », a déclaré Butoyi, cité par la mission.
Le major de l’armée somalienne Muhudiin Ahmed a remercié les troupes burundaises d’avoir mis leur « vie en jeu et versé leur sang pour défendre notre territoire contre l’ennemi ».
En vertu d’une résolution de l’ONU, le retrait se déroulera en trois phases et s’achèvera d’ici décembre 2024.
Le gouvernement somalien a lancé l’année dernière une « guerre totale » contre le groupe terroriste Al-Shabab, lié à Al-Qaida, qui contrôle certaines zones rurales du centre et du sud de la Somalie et gagne des millions de dollars grâce à la « taxation » des résidents et à l’extorsion des entreprises.
Al-Shahab mène depuis plus d’une décennie des attaques dévastatrices tout en exploitant les divisions claniques et en extorquant des millions de dollars par an dans sa quête pour imposer un État islamique. L’offensive actuelle a été déclenchée en partie par les communautés locales et les milices poussées au bord du gouffre par les politiques fiscales sévères d’al-Shabab, au milieu de la pire sécheresse jamais enregistrée dans le pays.