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Au Burkina Faso, le pouvoir du capitaine Traoré fait face à une adversité de plus en plus accrue

Le gouvernement militaire du Burkina Faso a déclaré mercredi que ses services de renseignement et de sécurité avaient déjoué une tentative de coup d’État et poursuivaient activement d’autres personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce qu’il appelle une tentative visant à « jeter notre pays dans le chaos ».

Un communiqué de la junte a indiqué que la tentative de coup d’État avait eu lieu mardi, sans fournir plus de détails.

« Les officiers et autres acteurs présumés impliqués dans cette tentative de déstabilisation ont été arrêtés et d’autres sont activement recherchés », a déclaré le porte-parole de la junte, Rimtalba Jean Emmanuel Ouedraogo, dans le communiqué.

Ouédraogo a déclaré qu’une enquête sur la tentative de prise de pouvoir était en cours et que ceux qui étaient à l’origine de cette tentative avaient cherché à plonger le Burkina Faso « dans le chaos ».

Ce communiqué intervient quelques heures après un message du capitaine Ibrahim Traoré : « Je rassure de ma détermination à conduire la Transition à bon port en dépit de l’adversité et des différentes manœuvres pour stopper notre marche inexorable vers une souveraineté assumée. MERCI à l’ensemble des Burkinabè qui assurent continuellement la veille citoyenne. »

Des rumeurs persistantes ces derniers jours de déstabilisation du régime du capitaine Ibrahim Traoré ont été à l’origine d’une manifestation nocturne mardi soir à Ouagadougou, en soutien au capitaine Ibrahim Traoré. Des milliers de partisans du chef de la junte ont occupé plusieurs points de la capitale. Les réseaux sociaux ont relayé les appels à manifester dès le début de la soirée, vers 20h. Des comptes de partisans du capitaine Ibrahim Traoré, qui servent généralement de caisse de résonance à la communication de la junte, ont publié des messages indiquant une tentative imminente de coup d’État. Ils ont appelé à sortir dans la rue pour faire échouer cette tentative.

Au fil de la soirée, de plus en plus de personnes se sont amassées sur la place des Nations unies au centre de Ouagadougou. La foule a également occupé les grands carrefours de la capitale comme la place de la Nation et le rond-point de la Transition en érigeant des barrages pour contrôler les véhicules.

Cette mobilisation intervient au lendemain de l’interdiction de diffusion du magazine Jeune Afrique par les autorités de transition. Le média a publié deux articles qui révélaient « des mouvements d’humeur dans différents camps militaires dans la soirée du 20 septembre » ainsi que des tensions au sein de l’armée. Selon Jeune Afrique, le capitaine Traoré craint une tentative de putsch à l’approche du premier anniversaire de sa prise de pouvoir, le 2 octobre prochain.

Selon plusieurs sources, le mouvement d’humeur des militaires fait suite à la mort du sous-lieutenant Zanga Moumouni Traoré, tombé au combat près de Bobo-Dioulasso. Avec des Volontaires pour la défense de la patrie, cet ancien membre des forces spéciales, respecté dans l’armée, était parti défendre son village attaqué par les jihadistes, contre l’avis de sa hiérarchie qui ne lui a pas fourni l’équipement nécessaire. Les familles des militaires tués au combat se plaignent également de la mauvaise conservation des corps avant l’enterrement et de la sobriété des funérailles, désormais cantonnées au camp Sangoulé Lamizana de Ouagadougou.

Le gouvernement de transition dirige le Burkina Faso selon une constitution approuvée par une assemblée nationale qui comprenait des officiers de l’armée, des groupes de la société civile et des chefs traditionnels et religieux. La junte s’est fixé pour objectif d’organiser des élections pour ramener le pays à un régime démocratique d’ici juillet 2024.

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