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Les Nations Unies s’inquiètent d’un risque de génocide en Éthiopie

La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies et Conseillère spéciale pour la prévention du génocide, Alice Wairimu Nderitu, a lancé un avertissement concernant un risque accru de génocide et d’atrocités connexes en Éthiopie. Cela survient alors que les conflits violents s’intensifient dans diverses régions du pays, notamment Amhara et Oromia.

Dans sa déclaration publiée le 10 octobre 2023, la conseillère spéciale Nderitu a exprimé sa profonde préoccupation face aux combats en cours entre les troupes gouvernementales et les milices locales dans les régions d’Amhara et d’Oromia, qualifiant les informations sur les conflits de « profondément troublantes ».

Elle a souligné que l’accord de cessation des hostilités dans la région du Tigré conclu il y a un an a largement échoué, soulignant la nécessité d’une action internationale. Nderitu a attiré l’attention sur la présence de facteurs de risque de génocide et d’atrocités et a exhorté la communauté internationale à remédier à la situation.

Le conseiller spécial des Nations Unies a déclaré que la situation actuelle en Éthiopie correspond à plusieurs signes avant-coureurs et facteurs de risque de génocide décrits dans le cadre d’analyse des atrocités criminelles des Nations Unies. Elle a fait référence à des informations faisant état de ciblage délibéré et de violences brutales contre des familles, des hommes et des garçons plus âgés étant exécutés et des femmes et des filles confrontées à d’horribles actes de violence sexuelle. Selon sa déclaration, des communautés entières ont également été déplacées de force ou expulsées de leurs terres, suggérant une campagne de nettoyage ethnique.

« Les souffrances civiles ne doivent pas être normalisées ou acceptées, et la prévention doit être la priorité grâce à une action coordonnée », a souligné Nderitu.

Elle a également fait référence à ses avertissements précédents au cours des trois dernières années et à un rapport de septembre de la Commission internationale d’experts des droits de l’homme sur l’Éthiopie. Nderitu a appelé à la fin immédiate des nombreuses violations commises par toutes les parties depuis novembre 2020.

Le rapport de la Commission du 18 septembre 2023 a révélé qu’en dépit du cessez-le-feu, des atrocités, notamment des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, persistent dans toute l’Éthiopie. Les civils ont été victimes de massacres, de viols, de famine, de destruction des infrastructures, de déplacements forcés et de détentions arbitraires. Les attaques contre des civils tigréens ont été accompagnées de propos désobligeants, indiquant une intention de cibler le groupe sur le plan ethnique. Le rapport a également mis en évidence des cas généralisés de viols contre des femmes et des filles des groupes ethniques Amhara et Agew.

Condamnant toute violence dirigée contre des non-combattants, Nderitu a averti que le conflit a évolué vers « une guerre menée contre le peuple autant qu’entre les factions belligérantes ». Avec de multiples indicateurs de risques d’atrocités présents à travers l’Éthiopie, le conseiller spécial de l’ONU a souligné la nécessité urgente d’une action préventive coordonnée pour atténuer de nouvelles pertes de vies humaines.

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