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Le parti Umma appelle à la neutralité et à une représentation plus large dans la coalition anti-guerre au Soudan

Le Parti national Umma (NUP) du Soudan a proposé des réformes à la coalition anti-guerre du pays, Tagadum. Le parti affirme que la coalition manque actuellement d’impartialité et favorise une partie du conflit.

Dans une proposition soumise samedi soir au chef de la coalition, Abdallah Hamdok, le NUP souligne la nécessité d’une stricte neutralité entre les parties belligérantes. Ils estiment que cela est essentiel pour que la coalition puisse fonctionner efficacement en tant que médiateur.

Le parti critique la décision de la coalition de signer la Déclaration d’Addis-Abeba avec les Forces de soutien rapide (FSR) en janvier, la considérant comme une rupture avec la neutralité et une violation de la feuille de route de la coalition. La feuille de route, convenue plus tôt par les groupes Tagadum, limitait les contacts avec les deux parties belligérantes aux discussions sur un cessez-le-feu.

Les critiques, dont de nombreux analystes, ont fait valoir que la Déclaration d’Addis-Abeba avait commis une grave erreur en approuvant l’affirmation des Forces de soutien rapide selon laquelle les islamistes étaient à l’origine de la guerre. Cette approbation a compromis la neutralité de Tagadum, essentielle à la médiation de tels conflits.

La déclaration a en outre suscité des critiques pour avoir inclus des questions politiques concernant l’État d’après-guerre. Ces questions, affirment les critiques, échappent à la compétence des puissances militaires en guerre et appartiennent uniquement à la sphère politique civile.

Le parti Umma a donné à la coalition deux semaines pour répondre aux réformes proposées. Ces réformes incluent la tenue d’une table ronde réunissant tous les acteurs militaires et politiques du Soudan.

La proposition évite d’exclure explicitement du processus politique le Parti du Congrès national (NCP) dissous. Au lieu de cela, il prône l’inclusivité, le dépassement des problèmes du passé et la priorité à la représentation des partis et des forces politiques.

L’un des principaux points de discorde concerne l’équilibre actuel des pouvoirs au sein de la coalition. Le parti Umma s’oppose au rôle élargi des groupes de la société civile, des professionnels, des syndicats et des comités de résistance. Ces entités détiennent 70 % de la représentation contre seulement 30 % pour les partis politiques et les mouvements armés.

Le NUP a exprimé ses inquiétudes quant à la proposition de regrouper les « partis et mouvements » au sein de la structure « Tagadum ». Le NUP, selon des sources proches du parti, estime que cette approche ne tient pas compte de la distinction essentielle entre les partis politiques, qui disposent d’une base populaire, et les mouvements, qui recourent souvent à la lutte armée pour atteindre leurs objectifs politiques.

Le parti Umma appelle également à une représentation accrue des femmes au sein de la coalition. Ils soulignent que les femmes sont actuellement sous-représentées, même dans la structure temporaire. En outre, ils plaident en faveur d’une enquête internationale crédible sur l’implication étrangère dans le conflit.

La coalition anti-guerre devait tenir une conférence fondatrice en décembre dernier. Cependant, cette conférence a été reportée à plusieurs reprises afin de tenter de parvenir à un accord avec le SPLM-N dirigé par Abdelaziz Al-Hilu et d’inclure d’autres partis et groupes armés.

Sudan Tribune

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