Dans un bref discours de l’Aïd al-Fitr à la nation, le chef de l’armée soudanaise, le lieutenant-général Abdel Fattah al-Burhan, a déclaré une rupture décisive avec le passé. Il a souligné que la période d’avant-guerre, qui comprenait à la fois le régime d’Al-Bashir et le gouvernement de transition, était terminée. Le Soudan est sur une nouvelle voie.
Al-Burhan a souligné que le conflit en cours, qui a débuté en avril 2023, sera connu sous le nom de « Bataille de la dignité » et servira de base à la construction d’un nouvel avenir pour le Soudan. « Il n’y a pas de retour en arrière possible. Pas de retour à ce qui existait avant le 15 avril 2023, le 25 octobre 2021 ou avril 2019. » a-t-il insisté.
Ces propos peuvent être interprétés comme un rejet de plusieurs possibilités : un retour au régime islamiste d’Al-Bashir en raison de la participation des islamistes à la guerre contre les Forces de soutien rapide (FSR), le rétablissement du régime civil de transition d’avant le coup d’État ou encore l’Accord-cadre politique visant à intégrer les FSR dans l’armée régulière (cause du conflit actuel).
Les dirigeants militaires se sont toujours opposés à la restitution du pouvoir aux forces civiles. Al-Burhan a notamment refusé de négocier avec la coalition « Tagadum » concernant la fin de la guerre et ses conséquences. Il a également répété à plusieurs reprises que les dirigeants des FSR ne seront pas réintégrés au pouvoir et que seuls des combattants individuels pourront rejoindre l’armée après avoir rendu les armes et intégré les sites de cantonnement désignés.
Al-Burhan a exprimé son optimisme quant aux progrès de la guerre, l’attribuant à « l’unité entre l’armée et le peuple ». Il a proclamé : « Le moment est venu : la bataille pour la dignité, la bataille pour la patrie. Un nouveau chapitre commence ».
Il a félicité le peuple soudanais inébranlable qui a rejoint les forces de la Résistance populaire à travers le pays pour « repousser l’agression et nettoyer la terre du Soudan des mercenaires ».
Al-Burhan a promis une détermination sans faille, s’engageant à « continuer sur le chemin des martyrs » jusqu’à ce que « le dernier rebelle et traître soit expulsé du Soudan et que chaque zone entachée par la rébellion soit purifiée ».
Il a souligné le soutien public continu à l’armée et a salué les « martyrs de la bataille de Karama » qui se sont sacrifiés pour la nation. Al-Burhan a conclu en réaffirmant son engagement dans la « marche pour défendre la patrie ».
Après avoir contrôlé Omdurman, l’armée soudanaise combat actuellement les FSR à Khartoum Bahri et dans l’État d’Al-Jazirah. Les chefs militaires insistent sur l’expulsion complète des FSR et considèrent les négociations uniquement comme un moyen d’obtenir leur reddition.
Sudan Tribune