Le régime militaire du Mali a publié un décret mettant fin aux activités des partis politiques, a annoncé mercredi soir le porte-parole du gouvernement, Abdoulaye Maiga, dans un communiqué lu à la télévision d’État.
Le colonel Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du gouvernement, a expliqué que la situation sécuritaire sur le terrain est l’une des raisons de la suspension jusqu’à nouvel ordre des activités des partis et associations politiques du Mali. « Sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, pour raisons d’ordre public, les activités des partis politiques et les activités à caractère politique des associations sur toute l’étendue du territoire national », dit un décret pris en conseil des ministres par le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, et lu devant des journalistes par le colonel Maïga.
Le régime actuel du Mali, qui a pris le pouvoir lors d’un deuxième coup d’État en 2021, avait promis de restaurer le régime civil d’ici le 26 mars 2024, à la suite des élections de février de cette année.
Mais, à la surprise générale, les autorités ont déclaré en septembre de l’année dernière qu’elles reporteraient sine die les élections de février pour des raisons techniques, suscitant l’indignation des organisations politiques.
Beaucoup ont de nouveau réagi après que la date limite de transition du mois dernier a été passée sans vote, certains des principaux partis politiques et organisations de la société civile du Mali ayant appelé le 31 mars à fixer un calendrier pour les élections.
« Nous utiliserons toutes les voies légales et légitimes pour le retour à un ordre constitutionnel normal dans notre pays », ont-ils déclaré dans une déclaration commune qui comptait plus de 20 signataires, dont une importante coalition d’opposition et le parti de l’ex-président déchu.