Le régime militaire du capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir en septembre 2022 par un coup d’État, va prolonger sa transition à la tête du pays pour cinq années supplémentaires, selon une charte adoptée samedi par les participants à des assises nationales à Ouagadougou.
Des représentants de la société civile, des forces de sécurité et de défense et des députés de l’Assemblée de transition ont participé aux pourparlers de Ouagadougou, que la plupart des partis politiques ont boycottés.
« La durée de la transition est fixée à 60 mois à compter du 2 juillet 2024 », a déclaré le colonel Moussa Diallo, président du comité d’organisation du processus de dialogue national, dans un discours prononcé à l’issue des pourparlers.
Le gouvernement de transition dirige le Burkina Faso selon une constitution approuvée par une assemblée nationale qui comprenait des officiers de l’armée, des organisations de la société civile et des chefs traditionnels et religieux. Le pouvoir s’était fixé pour objectif d’organiser des élections pour ramener le pays à un régime démocratique d’ici juillet 2024.
Le capitaine Ibrahim Traoré a été nommé président de transition. Cependant, depuis son arrivée au pouvoir, le régime a eu du mal à mettre fin aux défis sécuritaires du Burkina Faso. Environ la moitié du territoire du Burkina Faso reste hors du contrôle du gouvernement.
Ce pays d’Afrique de l’Ouest a été ravagé par la multiplication des attaques perpétrées par des extrémistes musulmans liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Les violences ont tué des milliers de personnes, déplacé plus de 2 millions de personnes et poussé des dizaines de milliers de personnes au bord de la famine.
Traoré pourra se présenter aux élections à la fin de la période de transition de cinq ans, selon la nouvelle charte. Toutefois, la charte conserve également la possibilité d’organiser des élections avant la fin de la période de transition.