Les autorités militaires nigériennes ont retiré à la société française Orano le permis d’exploitation d’une grande mine d’uranium, a indiqué la société, augmentant ainsi considérablement les tensions entre le pouvoir de Niamey et l’ancienne puissance coloniale.
Le Niger est le septième fournisseur mondial d’uranium, utilisé pour la production d’armes et d’énergie nucléaire. En 2022, le pays a fourni plus d’un quart de l’uranium utilisé dans l’Union européenne, selon l’agence de l’énergie nucléaire de la communauté, ce qui en fait sa deuxième source d’uranium, après le Kazakhstan.
Avant le coup d’État militaire de l’année dernière, le Niger était le principal partenaire économique et sécuritaire de l’Occident au Sahel, la vaste région située au sud du désert du Sahara, devenue un foyer d’extrémisme violent. Mais la junte militaire qui a pris le pouvoir en s’engageant à rompre les liens avec l’Occident s’est engagée à revoir les concessions minières du pays et a ordonné le retrait des troupes occidentales.
La mine d’Imouraren, située au nord du pays, est l’un des plus grands gisements d’uranium au monde, avec des réserves estimées à 200 000 tonnes. Les activités minières devaient y démarrer en 2015, mais la production a été interrompue après la chute des prix de l’uranium suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011.
La décision de jeudi du pouvoir nigérien intervient « malgré la reprise des activités sur place, conformément aux attentes qu’elle avait exprimées », a indiqué l’entreprise dans un communiqué.
« Les conditions actuelles du marché, avec une hausse favorable du prix de l’uranium, permettent d’envisager à nouveau la mise en service d’Imouraren », a-t-elle indiqué jeudi soir. L’infrastructure a rouvert ses portes au début du mois, ajoute le communiqué.
Le plan d’exploitation de la société « n’a pas répondu à nos attentes », a écrit le ministère nigérien des Mines à la société dans une lettre datée du 20 juin. En conséquence, la mine a été « rendue au domaine public » et exemptée de tous droits contractuels, indique la lettre.
Orano, qui opère au Niger depuis plus de 50 ans, a déclaré avoir toujours suivi « une approche responsable de partenariat et de transparence, agissant en concertation continue avec l’État du Niger et les acteurs locaux ».
L’entreprise s’est déclarée « disposée à maintenir ouverts tous les canaux de communication » avec les autorités nigériennes, mais elle se réserve le droit de contester la décision de retrait du permis devant un tribunal national ou international.